Survie

Prisonniers politiques

(mis en ligne le 1er février 2009)

L’ancien maire de Njombé-Penja, Paul-Eric Kingué et l’artiste Lapiro de Mbanga ont pour seul point commun d’être emprisonnés, accusés d’être les meneurs des émeutes de février 2008 qui ont secoué le Cameroun. Le cas de Paul-Eric Kingué a été réglé le 19 janvier dernier : six ans de prison ferme et la réparation du préjudice subi par les sociétés bananières à hauteur de 804 millions de francs Cfa après un procès inique où les droits de la défense ont été bafoués, les avocats menacés et pire, deux témoins assassinés. Les raisons d’une si lourde condamnation sont évidemment à chercher ailleurs.
Paul-Eric Kingué, membre du parti présidentiel, le RDPC, déplorait, depuis longtemps, les conditions de travail des ouvriers agricoles et savait la population démunie et impuissante.
Il avait élu en 2007 face au député André Ndono Mbanga, par ailleurs cadre dans la société des Plantations du Haut-Penja (PHP), filiale de l’entreprise française, la Compagnie fruitière. Dans une Lettre ouverte au président Paul Biya, rédigée de sa cellule en mars 2008, il y explique que les sociétés bananières, Plantations du Haut-Penja (Php), la Société des plantations de Mbanga (SPM), et la société de fleurs et plantes exotiques Caplain ne s’étaient pas acquittées de leurs taxes depuis trente ans. « J’’ai obtenu, après plusieurs démarches, de la direction des Impôts de les obliger à payer des taxes de près de deux milliards de francs Cfa par mois. Ces sociétés ont juré ma perte. D’où ma situation aujourd’hui ». Pour toute réponse, un décret présidentiel l’a déchu, le 2 juin, de son mandat de maire sans même avoir été entendu par un juge.
Quant à Lapiro de Mbanga, dont la voix dérange tout autant que celle de Kingué, son procès en appel a encore été renvoyé au 20 février.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 177 - Février 2009
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