Survie

Sarko demandait Haroun, il a eu Tourabi

(mis en ligne le 1er février 2009)

Alors que l’arrestation d’un des pires bourreaux des Darfouris, Ahmed Haroun, réclamée par la France en signe de bonne volonté du président soudanais Al-Bachir se fait toujours attendre, celui-ci a encore roulé son monde dans la farine. En premier lieu, Nicolas Sarkozy qui a quelques velléités de le soustraire à la justice internationale puisqu’Al-Bachir est accusé par la Cour pénale internationale (CPI) de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour. Rappelons qu’Ahmed Haroun est toujours ministre des droits de l’homme du Soudan !
En guise de bonnes intentions, Al-Bachir a trouvé une énième diversion : l’arrestation de son vieil ennemi, Hassan al-Tourabi (Congrès National Populaire, parti d’opposition au Soudan depuis 1999), le 14 janvier, par les services de sécurité soudanais. Une arrestation intervenue à la suite de ses déclarations à la presse accusant Al-Bachir de crimes au Darfour : « Politiquement nous pensons qu’il est coupable, il devrait assumer ses responsabilités pour tout ce qui est arrivé au Darfour ». Bien sûr, l’ancien haut dignitaire du régime d’al-Bachir, qui souligne à juste titre la responsabilité du président soudanais, ne se pose pas la question de sa propre responsabilité dans l’imbroglio soudanais. Bref, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. Et le dindon de la farce, c’est qui ?

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 177 - Février 2009
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