Survie

Tchad : indignation sélective

(mis en ligne le 1er juin 2009)

En bon chef de guerre, Idriss Déby ne rate jamais une occasion de mettre en scène ses victoires militaires. Le 20 mai, il a ainsi exhibé une centaine de prisonniers, dont des enfants, capturés lors de l’offensive rebelle début mai. Une scène d’un autre âge sur la place de l’Indépendance à N’Djamena où une délégation de diplomates étrangers avait fait le déplacement. Les prisonniers, dont beaucoup âgés d’une quinzaine d’années, ont été amenés à bord de trois camions et montrés à la foule provoquant cette réaction de l’ambassadeur de France : « Ce qui me touche particulièrement, ce sont les enfants qui ont été recrutés et qu’on envoie au combat pour se faire tuer. C’est scandaleux ! ». Bruno Foucher aurait pu aussi s’abstenir de participer à cette exhibition d’autant que l’armée nationale tchadienne n’est pas en reste dans l’enrôlement forcé d’enfants. Six rapports consécutifs du secrétaire général au Conseil de sécurité mentionnent le Tchad parmi les pays pratiquant le recrutement et l´utilisation d´enfants-soldats. Ce qui est scandaleux pour l’un ne l’est donc pas pour un ami de la France ?

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 181 - Juin 2009
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
Pour aller plus loin
a lire aussi