Survie

Chinoiseries

(mis en ligne le 1er juillet 2009)

Le secrétaire d’État à la Coopération Alain Joyandet a appelé, le 24 juin, Pékin à « harmoniser » ses pratiques en Afrique avec le reste de la communauté internationale.
La main sur le coeur, Alain Joyandet, a notamment mis en avant le nécessaire « respect de la Déclaration de Paris, qui définit les règles du jeu pour une meilleure efficience de l’aide publique au développement, dans l’intérêt de l’Afrique ». Plus certainement, c’est la dette comme instrument de domination et la puissance financière chinoise qui pose problème : « Des choses nous inquiètent. Nous n’avons pas envie qu’ils [les Chinois] réendettent des pays que nous avons mis des années à désendetter », a expliqué anonymement et surtout sans gêne un membre du cabinet de Joyandet (AFP, 24 juin). Car, qui a contribué à l’endettement de l’Afrique via le Club de Paris par exemple ? Où a-t-on vu que l’Afrique était désendettée ? Qui a déjà été remboursé plusieurs fois par les intérêts de la dette ?
Enfin, Alain Joyandet apprécie peu, également, qu’une partie de l’aide au développement octroyée par Pékin soit « liée » à des contrats obtenus par des entreprises chinoises : « Nous avons envie que les règles du jeu s’appliquent à tous ». C’est pourtant la politique, désormais assumée haut et fort, de la France.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 182 - Juillet 2009
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