Survie

Les jérémiades de Total

(mis en ligne le 1er juillet 2009)

La réforme en cours dans le secteur pétrolier et gazier au Nigeria, Petroleum Industry Bill (PIB), a visiblement du mal à passer auprès des compagnies étrangères, dont Total, qui redoutent de voir fondre leurs profits colossaux. Car pour le secrétaire d’État nigérian au pétrole, Odein Ajumogobia, le Nigéria cherche un bon équilibre par rapport à d’autres pays comme le Venezuela : « Nous constatons qu’en matière fiscale, le Nigeria est en bas de l’échelle. Mais nous ne voulons pas être tout en haut ». « Les majors ont par exemple légalement le droit de renouveler leurs concessions en eaux peu profondes dans les mêmes termes qu’en 1958 et pour la même durée de quarante ans. Aucun gouvernement ne peut décemment se considérer lié par de tels termes ! ». « Elles doivent faire des investissements pour satisfaire les attentes de leurs actionnaires. Nous, nous devons satisfaire celles de notre population ». (On demande à voir) « Nous n’allons certainement pas voter une loi qui sera dictée par les multinationales ». De passage récemment au Nigeria, le patron de Total, Christophe de Margerie, s’est inquiété : « Nous devons comprendre les règles du jeu (...) Quels sont vos actifs aujourd’hui ? Quels seront vos actifs demain ? ». Au Nigéria ou dans les paradis fiscaux ? Car ainsi que le soulignait dans Télérama (16 avril 2009), la nouvelle députée européenne, Eva Joly : « Actuellement, les entreprises ne publient que des comptes consolidés. Du coup, on sait par exemple que Total a gagné près de 13 milliards d’euros l’année dernière, mais on ignore où. Si ces informations étaient publiées en annexe des comptes, on verrait alors qu’elle réalise d’importants bénéfices à l’île Maurice et aux Bermudes et très peu en Algérie ou en Angola. »

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 182 - Juillet 2009
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