Survie

L’incroyable Monsieur Kouchner

(mis en ligne le 3 novembre 2009) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

« Je ne dîne pas avec la Françafrique ! ». Théâtral, c’est ce qu’a lancé Kouchner en quittant précipitamment le dîner privé organisé par le nouveau président mauritanien Abdel Aziz (La Lettre du Continent). La soirée rassemblait, fin octobre à Paris, entre autres, son homologue officieux Robert Bourgi, le secrétaire d’État à la Coopération, Alain Joyandet, le patron de la DGSE, Erard Corbin de Mangoux, l’ambassadeur de France à Nouakchott, Michel Vandepoorter et le directeur Afrique du Quai d’Orsay, Stéphane Gompertz.

Kouchner ne visait tout de même pas ses subordonnés, Joyandet, Gompertz et Vandepoorter ? C’est, en tous les cas, un cri du coeur qui interpelle. Kouchner serait-il enfin revenu à la raison ? Aurait-il quitté les oripeaux de la realpolitik et oublié d’être cynique ? Dans un dernier sursaut d’honneur, de clairvoyance et d’humanité, aurait-il décidé de signer l’acte de décès de la Françafrique ?

Mais pas du tout ! Il s’agissait de sauver les apparences ! De montrer qu’il est le patron de la diplomatie française alors que, pour les affaires africaines, tout se décide à l’Élysée autour de Claude Guéant et de Robert Bourgi, toujours aussi influent quoi qu’en disent les commentateurs.

Car Kouchner souhaitait que son ministère et lui-même organisent le dîner en l’honneur du général putschiste Abdel Aziz, maîtrisant ainsi les invitations. Et puisque cela s’est avéré impossible, il a tenté d’être le seul haut représentant français invité, sans son secrétaire d’État et l’inévitable Bourgi. Bref une nouvelle crise d’ego qui, au passage, révèle cruellement les véritables lieux de pouvoir.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 185 - Novembre 2009
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