Survie

Copenhague, salon du nucléaire pour Areva et Sarkozy !

(mis en ligne le 3 décembre 2009) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Sarko, Lula même combat pour sauver le climat ! C’est la jolie fable mise en scène par la communication présidentielle. La réalité est moins merveilleuse. Outre l’instauration d’un marché Carbone, un autre des aspects négatifs du Protocole de Kyoto, en vigueur depuis 2005, est la création des mécanismes de développement propre (MDP).

Un dispositif qui autorise les entreprises des pays riches (donc soumis aux objectifs de réduction des émissions carbone) à investir dans les pays pauvres sur des projets reconnus propres. On a ainsi vu la promotion de grands projets écologiquement néfastes (grands barrages, agrocarburants, huile de palme, etc...). Avec ces investissements, les entreprises gagnent ainsi un équivalent en crédits d’émission permettant d’atteindre les objectifs de réductions au niveau domestique. D’ici 2020, 20 % de diminution doivent être atteints dans les pays riches, 10 % pouvant être liés aux MDP. Or, ce qui est en jeu à Copenhague, c’est le développement des MDP à la gestion des forêts, aux terres pour enfouir le carbone et au nucléaire ! D’où l’activisme complice de Lula, dont le pays est en partie recouvert par la forêt amazonienne, et de Sarkozy, VRP tout azimut du nucléaire français, des pays du Golfe au Nigeria en passant par l’Égypte. Le 19 novembre, Jean-Louis Borloo confiait à Fodé Sylla la mission « d’appuyer l’action du ministre et d’entretenir les contacts avec les ministres africains de l’environnement » d’ici à la conférence de l’Onu sur le climat à Copenhague.

Fodé Sylla, présenté comme ancien président de SOS racisme, est aussi – et surtout – salarié de la multinationale du nucléaire Areva nous indique le communiqué de presse du réseau Sortir du nucléaire (23 novembre) qui ajoute : « Dans les faits, M.Sylla a pour mission de convaincre les dirigeants africains de soutenir les manœuvres des autorités françaises qui tentent de faire inclure le nucléaire dans les options favorables au climat. Il est intolérable qu’une mission de la diplomatie française soit littéralement fusionnée avec les intérêts de la multinationale Areva. »

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 186 - Décembre 2009
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