Survie

Tchad : Idriss Déby voit des Mirages

(mis en ligne le 7 juin 2010) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Si la France a sué sang et eau pour convaincre (sans grand succès) ses partenaires européens de participer à l’opération Eufor-Tchad en 2008, c’était, paraît-il, « en vue de son désengagement militaire du Tchad ».

C’est du moins ce que croyait savoir La Lettre du continent (16 octobre 2008), qui pronostiquait même qu’à l’occasion de l’opération Minurcat 2 qui lui succédait, l’opération française Epervier (au Tchad depuis 1986) « passerait ainsi sous mandat onusien et prendra fin avec la présence des Nations unies ».

Déby a obtenu que la force onusienne, censée sécuriser les camps de déplacés et de réfugiés, quitte les lieux avant décembre, c’est-à-dire avant les prochaines élections présidentielles prévues pour début 2011. Côté français en revanche, on apprend que « l’état-major va muscler son corps expéditionnaire » et ceci « à la demande de l’Elysée » (Le Canard Enchaîné, 19 mai 2009). En plus (ou à la place ?) des Mirages F1 déjà présents sur place, quatre Mirages C RDI, ce qui se fait de mieux dans l’aviation française, vont rejoindre le ciel tchadien.

Pour se prémunir des missiles sol-air que les rebellions de l’Est se seraient procurés ? Pour détecter plus facilement les colonnes rebelles à l’aide d’un radar très performant ? De son côté, le président tchadien, Idriss Déby, se réjouit certainement de cette protection renforcée.

Une manière toute française de se désengager militairement d’Afrique…

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 192 Juin 2010
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