Survie

Franc CFA : indépendance à la sauce françafricaine

(mis en ligne le 25 juillet 2010) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Après les récentes déclarations de Christine Lagarde sur le franc CFA (Billets d’Afrique de juin 2010), Sarkozy en a remis une couche : « Sur ce point, je veux être très clair : c’est aux quinze Etats africains membres de la Zone franc et à eux seuls, qu’il revient de décider comment ils veulent gérer leurs monnaies communes. Ce n’est pas à la France de déterminer si le système actuel est conforme à leurs attentes. Et je vous rappelle que (...) ce sont les banques centrales africaines et les autorités politiques qui, dans chacune des sous-régions – en Afrique de l’Ouest, en Afrique centrale, aux Comores – décident en toute indépendance de la politique monétaire. » (Les Afriques, 4 juin)

Un gros mensonge ! Statutairement, la BEAC compte trois administrateurs français sur treize et ne peut délibérer qu’en présence d’au moins l’un d’entre eux (article 38) ; la BCEAO compte deux administrateurs français sur les seize et ses décisions capitales doivent être prises à l’unanimité (article 51) ; enfin la BCC qui comporte quatre administrateurs français sur les huit ne peut adopter de décisions qu’à la majorité (article 38). En bref, un droit de véto français de fait sur les décisions prises « en toute indépendance ».

Si l’on ajoute les pressions économiques, politiques ou militaires diverses, on comprend que les réunions de la zone franc soient toujours fixées, sur la forme et sur le fond, par les autorités françaises.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 193 - Juillet 2010
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