Survie

La BEI finance la corruption et l’évasion fiscale

(mis en ligne le 6 janvier 2011) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le 22 novembre, la coalition Counter Balance, à laquelle appartiennent Les Amis de la Terre, publiait son rapport « Délit de fuite : ce que la Banque européenne d’investissement préfère cacher de ses prêts en Afrique ». Ses derniers « facilitent la corruption et l’évasion fiscale » notamment en étant accordés de plus en plus via des intermédiaires financiers et des fonds d’investissement enregistrés dans des paradis fiscaux et judiciaires : 60% des prêts épluchés par la coalition étaient ainsi à destination de l’Ile Maurice... Pour les Amis de la Terre, « la BEI a utilisé des fonds européens pour le développement afin de soutenir des multinationales richissimes dont l’objectif prioritaire est la maximisation du profit, sans considération pour les impacts sur les populations locales, l’environnement ou l’emploi ». L’ONG donnait ainsi un nouvel exemple le 9 décembre avec la publication de son rapport « Projet Mopani (Zambie) : l’Europe au coeur d’un scandale minier ». En 2005, la BEI a investi 48 millions d’euros dans cette mine de cuivre exploitée par un consortium détenu à 73% par le suisse Glencore et à 17% par le canadien First Quantum (les autorités zambiennes se contentant des 10% restant), qui prétend aujourd’hui « ne pas faire de profits pour ne pas payer d’impôts », d’après le réseau d’ONG zambiennes Centre for Trade and Policy Development. La France, représentée par son ministère des Finances, est un des quatre premiers actionnaires de la BEI, la plus grosse institution financière publique au monde au regard du volume de prêts plus de 10 milliards par an hors-UE en moyenne, et 650 millions pour des projets en Afrique depuis 2000.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 198 - Janvier 2011
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