Survie

Tartuffe, Dorin et Irastorza

rédigé le 7 novembre 2012 (mis en ligne le 12 novembre 2012) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Il n’est pas rare qu’un ancien militaire de haut-rang publie ou s’exprime sur les questions de géopolitique avec plus ou moins de compétences. Dans le cas de l’ancien chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Elrick Irastorza, c’est assez consternant.

A l’occasion d’une conférence donnée à Montpellier, le 18 octobre dernier, Irastorza a surtout enfoncé des portes-ouvertes convoquant Molière : « Reconnaître ouvertement que nos engagements sont sous-tendus par des motifs d’ordre économiques, énergétiques notamment, suscite chez nous [Ndlr : les Français] des réticences dont on ne s’embarrasse pas ailleurs. (...) Il est plus que temps de mettre Tartufe au placard et de ne plus prendre les Français pour des Dorine, car nous sommes là au cœur même des finalités de notre défense. »

Quelques fulgurances plus loin, Irastorza ajoute à propos des opérations extérieures (Opex) : « Est-ce que les Français veulent continuer à vivre en première division en préservant leur actuel niveau de vie ou sont disposés à moins bien vivre en seconde voire à survivre en troisième ? » Et l’Allemagne, sans Opex, dans quelle division joue-t-elle ? Et le Japon ?

« Répondre avec pédagogie et conviction à toutes ces interrogations est une urgence nationale », alors que « la survie de la Nation est liée à la stabilité d’un monde qui doit faciliter les échanges dont nous avons besoins pour vivre, maintenir voire améliorer nos conditions de vie »

Pour le général Irastorza, la France doit donc contribuer à cette stabilité bien que l’opinion publique française ne soit pas consciente de cette nécessité et se demande les raisons pour lesquelles son armée est engagée sur des théâtres d’opérations extérieurs, que ce soit en Afghanistan, en Afrique, au Liban ou encore dans les Balkans.

Peut-être que « l’opinion publique française », dont on voit d’ailleurs mal les contours, s’est aperçue que l’intervention militaire en Libye a surtout déstabilisé le Sahel ? Et que dire de l’Afghanistan ?

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 218 - novembre 2012
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