Survie

Idriss Déby, criminel non schématique

rédigé le 2 octobre 2013 (mis en ligne le 13 novembre 2013) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le 1er octobre, lors de son audition par la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale, Laurent Fabius a refusé d’être aussi « désobligeant » que le député Noël Mamère concernant Idriss Déby.

Fabius :

« La République centrafricaine est entourée de pays comme le Tchad, le Cameroun, le Soudan. Si une situation de non-droit s’enkyste là-bas, c’est l’ensemble de cette partie de l’Afrique qui risque d’être contaminée... »

Mamère :

« Il y a des milices en Centrafrique, qui sont sauvages, brutales. Ce sont pour la plupart des milices tchadiennes. La Tchad qui est dirigé par une crapule, qui s’appelle Idriss Déby, qui torture, qui liquide ses opposants, et dont nous sommes aujourd’hui une sorte d’obligé, à cause de notre intervention au Mali, puisque nous avons fait appel aux troupes tchadiennes, qui sont les seules à savoir mener une guerre dans le désert, par rapport aux autres armées africaines, s’il existe d’autres armées africaines à part celle du Nigéria. »

Fabius :

« Je ne reprendrai pas à mon compte les termes désobligeants que vous avez utilisés à propos du président du Tchad. Les Tchadiens se sont battus au Mali avec beaucoup de courage, et y ont laissé nombre des leurs. Et puis, évitons les présentations schématiques : nos relations ne peuvent pas être qualifiées ainsi ! »

Le courage des troufions tchadiens brandi pour défendre l’image de leur dictateur : ça n’est plus schématique, c’est hautement caricatural.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 229 - novembre 2013
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