Survie

Le Mali otage de la France

rédigé le 2 novembre 2013 (mis en ligne le 13 novembre 2013) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

La libération des 4 otages français,
le 29 octobre dernier, met en porte-à-faux
la politique française dans la
région sahélienne.

Tout d’abord, une
rançon a été versée. Selon Le
Monde, l’argent provient des fonds
secrets alloués aux services de
renseignement (30/10/2013).
Lefigaro.fr (31/10/2013), J.D.
Merchet (spécialiste des questions
de défense) et P. Airault du journal
L’Opinion (30/10/2013) pointent
plutôt vers Vinci et Areva. Ce que
met en relief l’affirmation de Fabius
affirmant qu’aucun argent public n’a
été versé.

En outre, l’homme-clé
des
négociations côté nigérien,
Mohamed Akotey, est le président
du Conseil d’Administration d’une
filiale d’Areva au Niger...
Touareg du clan des Ifoghas, il a
activé ses réseaux pour obtenir la
libération des otages.

Selon
Libération (15/09/2013) et Serge
Daniel, correspondant de RFI à
Bamako (29/10/2013), les otages
étaient d’ailleurs détenus par des
Touaregs Ifoghas maliens du groupe
touareg islamiste Ansar Dine allié
d’AQMI. Pour mémoire, ce groupe
avait lancé l’offensive vers le Sud
en janvier dernier provoquant
l’intervention militaire française au
Nord du Mali. C’est avec leur chef,
Iyad Ag Ghali, que se sont
déroulées les négociations.

La
France a donc versé de l’argent à
son ancien ennemi, mais quelle
autre garantie a-t-il
obtenu pour lui-même
et son mouvement ?
En effet, fin septembre, des
officiers et des hommes en armes
d’Ansar Dine se sont réinstallés à
Kidal. Parallèlement, le
gouvernement malien a abandonné
les poursuites contre une vingtaine
d’hommes de ce mouvement et trois
de ses personnalités vont même être
candidates à la députation dans la
région de Kidal sous les couleurs du
parti présidentiel...

Alors qu’au
Mali, beaucoup de voix reprochent à
IBK, le nouveau président, de trop
céder aux pressions françaises de
clémence vis-à-vis
des Touaregs, il
a annoncé lors des Assises de la
Réconciliation nationale que
« d’autres détenus des groupes armés
seront libérés s’il le faut
 » (Xinhua,
01/11/2013)...

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Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 229 - novembre 2013
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