Survie

Centrafrique : Martin Ziguélé en embuscade

rédigé le 3 février 2014 (mis en ligne le 2 avril 2014) - Mathieu Perrin

Depuis le lundi 20 janvier dernier, Catherine Samba-Panza
a été élue présidente par le Conseil National de Transition.
Elle dispose d’une année pour rétablir le calme et le
dialogue intercommunautaire dans le pays, mais aussi
pour organiser une élection présidentielle prévue pour
février 2015, à laquelle elle ne pourra pas se présenter.
Mais les traditionnels prétendants, plutôt discrets jusqu’ici,
seront de la partie.

Parmi eux, Martin Ziguélé, ancien
Premier Ministre du défunt Ange
Félix Patassé et président du
Mouvement de Libération du Peuple
Centrafricain (MLPC), risque fort
d’obtenir le soutien discret mais solide de
la France.

Déjà, lors des élections présidentielles de
2011, il arrive en seconde position face à
François Bozizé. Il forme alors avec les
autres
candidats
le
Front
pour
l’Annulation et la Reprise des Elections
de janvier 2011 (FARE). Ce mouvement
qui n’a jamais atteint son objectif a été
dissout en octobre dernier par son porte­
parole, Nicolas Tiangaye, proche de
Ziguélé et Premier Ministre du précédent
président de transition Michel Djotodia,
jusqu’en décembre 2013.

Lors de la formation du gouvernement de
Tiangaye, il s’est bien gardé de négocier
un portefeuille ministériel afin de ne pas
être associé à la crise que subit le pays.
Ziguélé est proche du gouvernement
français et il ne s’en cache pas : le MLPC
est d’ailleurs l’unique parti centrafricain
membre de l’Internationale Socialiste !

Lors du Congrès du Parti Socialiste
d’octobre 2012 à Toulouse, Ziguélé fut
même invité à la tribune pour adresser ses
« sincères et amicales félicitations pour le
changement qui vient de s’opérer en
France, par l’élection de notre camarade
François Hollande à la tête de l’état
Français. Que le camarade François
Hollande trouve ici l’expression de notre
profonde admiration, et de nos vœux de
plein succès.
 » Ah... le camarade
Hollande ! Touchante déclaration
d’amitié ou habile manifestation d’intérêt
commun ?

Car il va de soi que si Ziguélé
remportait les prochaines élections, la
France aurait sans aucun doute gagné une
belle victoire, en se targuant du retour à la
« démocratie » en RCA et du « succès »
de l’opération Sangaris. Et en guise de
récompense, la possibilité pour elle et ses
grandes entreprises (Total, Areva, etc.)
d’affirmer leur mainmise sur ce pays.

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Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 232 - février 2014
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