Survie

Fodé Sylla, ambassadeur du Sénégal et de France

rédigé le 3 novembre 2014 (mis en ligne le 20 novembre 2014) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Courant octobre, Macky Sall a nommé le franco-sénégalais Fodé Sylla « ambassadeur itinérant du Sénégal », avec comme mission de promouvoir et mobiliser des fonds dans le cadre du nouveau Plan Sénégal Emergent 2014-2018.

Selon Le Parisien (18/10), «  le président sénégalais entend ainsi s’attacher les talents de négociateur du francosénégalais, son entregent ainsi que son immense carnet d’adresses ».

Il a frappé à la bonne porte ! Homme aux multiples casquettes et réseaux, Fodé Sylla a été Président de SOS Racisme de 1992 à 1999, impliqué dans un scandale d’emplois fictifs de la sulfureuse mutuelle étudiante MNEF, et a utilisé son mandat d’eurodéputé de 1999 à 2004 pour soutenir les pires régimes africains, dont celui d’Eyadéma au Togo (Cf. Billets n°115, juin 2003).

Il a servi dans les hautes instances d’Areva, notamment en tant que chargé de mission pour le développement économique et social de l’Afrique, et n’hésitant pas à mélanger les genres, il a conduit en parallèle en 2009 une mission auprès du ministère français de l’Écologie visant à « entretenir les contacts avec les ministres africains de l’environnement » en vue de la conférence de l’ONU sur le climat à Copenhague.

Aujourd’hui, dans sa nouvelle mission, il se dit prêt à aller «  parler à qui de droit  » et à mettre ses compétences au service du développement et de la croissance économique du Sénégal.

Du Sénégal seulement ? Peu après sa nomination il confiait au site www.afrik.com (22/10) : « aujourd’hui, on sait tous que les pays émergents, les pays asiatiques, notamment Chine, Inde, Brésil, viennent chercher des marchés en Afrique et recruter des gens en Afrique. Ils mettent la France dans une position délicate, car elle n’est plus le seul pays à s’intéresser à l’Afrique. D’où la nécessité d’inventer des mécanismes de rapports économiques qui ne soient plus paternalistes ou du "moi je t’aime moi non plus" ».

Ses amis français apprécieront.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 240 - novembre 2014
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
a lire aussi