Survie

Tapis rouge pour le général-président égyptien Al-Sissi

rédigé le 30 novembre 2014 (mis en ligne le 7 décembre 2014) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

L’Italie et la France sont les deux premiers pays européens à recevoir le nouveau chef de l’Etat égyptien en visite officielle.

Le Président français a, à cette occasion, affirmé que son pays et l’Egypte étaient « liés par une commune appréciation de ce que peut être l’équilibre du monde » et a souhaité « que le processus de transition démocratique réussisse ». Il faut dire qu’il est bien parti : Al-Sissi s’est déjà illustré par le massacre de plusieurs centaines de militants pro-Morsi, par la condamnation à mort de quelques centaines d’autres au terme de procès expéditifs qualifiés de « sans précédent dans l’histoire récente » par l’ONU, par l’emprisonnement (et bien sûr la torture) de plusieurs milliers d’autres, y compris des mineurs. Sans parler de la répression, au nom de la « lutte contre le terrorisme », de journalistes ou de toute forme de contestation.

Des broutilles au regard des réelles préoccupations du gouvernement français. L’Egypte a en effet déjà acquis quatre corvettes DCNS et laisse entendre qu’elle pourrait s’équiper de 24 avions Rafales… Argument imparable, auquel s’ajoutent les perspectives de nouveaux marchés que la délégation égyptienne a fait miroiter aux entreprises du Medef-International, pour le programme de grands travaux qu’elle entend mettre en œuvre avec les fonds issus de la prochaine conférence des « donateurs ». Autre préoccupation française : la Libye, où les Egyptiens interviennent déjà militairement de manière officieuse, et où le ministre de la Défense n’a pas exclu d’envoyer les forces françaises à l’avenir, sous une forme ou sous une autre.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 241 - décembre 2014
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