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Petit pas

rédigé le 5 mai 2015 (mis en ligne le 2 juin 2015) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

En 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, avait pour la première fois qualifié les massacres de Sétif de « tragédie inexcusable », propos réitérés en 2008 par son successeur Bernard Bajolet. A partir du 8 mai 1945, l’armée française avait férocement réprimé des émeutes provoquées par le meurtre d’un manifestant algérien par un policier français, étincelle dans le baril de poudre des humiliations de la colonisation et de la guerre sous les drapeaux français. En représailles au meurtre de colons européens par la foule en colère, l’armée massacra deux semaines durant des milliers voire dizaines de milliers d’Algériens. En 2012, Hollande avait reconnu « les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien ».

Enfin, le mois dernier, le secrétaire d’État chargé des anciens combattants s’est pour la première fois recueilli devant le monument à la mémoire de Saal Bouzid, la première victime algérienne. Mais on reste encore loin d’une reconnaissance officielle de l’ampleur des massacres et de la politique dans laquelle ils s’inscrivaient. Un collectif « pour la reconnaissance des crimes d’Etat de 1945 en Algérie (Sétif, Guelma, Kherrata) » appelle donc à « l’ouverture de toutes les archives, l’inscription dans la mémoire nationale de ces événements par le biais de gestes forts des plus hautes autorités de l’Etat et un soutien à la diffusion des documentaires relatifs aux événements dans l’Education Nationale comme dans les média publics ».

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 246 - mai 2015
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