Survie

Quand on aime, on ne compte pas

rédigé le 9 septembre 2016 (mis en ligne le 11 septembre 2016) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

C’est à ça qu’on reconnaît les vrais co­pains. Le ministre français de la Défense n’a pas hésité à interrompre ses vacances esti­vales pour assister, le 8 août, à la cérémonie d’investiture de son ami Idriss Déby, qui entame sa 27e année de hold­up politique au Tchad. Et peu importe la mort – une de plus – d’un manifestant abattu la veille lors d’une manifestation de l’opposition, qui dénonce toujours la dernière mascarade électorale. On ne sait pas si Le Drian en a profité pour demander des nouvelles des militaires « disparus » après avoir mal voté.

La question aurait été abordée avec le pré­sident tchadien en avril dernier, dans la fou­lée de l’ambassadrice américaine qui s’en était publiquement inquiétée. Une enquête avait alors été diligentée par le parquet tchadien, mais sur cinq cas seulement. Fin août, le procureur a sans surprise classé l’affaire sans suite après que les cinq soldats ont été montrés vivants à la télévision.

Mais, selon RFI (27/08), plusieurs dizaines d’autres ont été dé­ portés à Wour, dans le Tibesti où ils ont été torturés avant d’être rapatriés à Ndjamena et contraints au silence. D’autres ont fui, « dont le fils de l’ancien Premier ministre, Djmirangar Danadji » et « très inquiétant est le sort d’une dizaine de militaires, dont on est sans nouvelles. Des associations tcha­diennes de droits de l’homme, associées à Amnesty International ont saisi le groupe de travail des Nations unies sur les dispa­ritions forcées. »

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 260 - septembre 2016
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