Survie

Après le pillage, la débâcle

rédigé le 20 octobre 2017 (mis en ligne le 11 septembre 2018) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Après le désastre écologique, le nau­frage social : Areva a annoncé une nouvelle vague de licenciements au Niger de quelque 200 salariés de sa filiale, la Somaïr, soit un cinquième des effectifs, en raison de conditions du marché « très difficiles » et de prix de l’uranium « très bas ». 500 postes de sous­-traitants seraient également affectés (RFI, 10/10). Le scénario qui s’est déjà pro­duit au Gabon en 1999 après la fermeture de la mine de Mounana risque fort de se ré­péter. Lorsque les réserves en uranium se­ront devenues insuffisantes ou insuffisamment rentables à Arlit, Areva se contentera de plier bagage, laissant en héri­tage une région dévastée par une pollution chimique et radioactive, où les anciens mi­neurs décèdent les uns après les autres de maladies radio­induites. Déjà, les nappes phréatiques d’Arlit ayant été dilapidées et empoisonnées, on fait aujourd’hui venir l’eau d’Agadez. Mais qu’en sera-­t­-il demain et qui se souciera de la population de cette ville minière perdue en plein désert ? En dépit des manœuvres actuelles de déman­tèlement pour éviter sa faillite pure et simple, Areva a de tout temps été très large­ment la propriété de l’État français, c’est donc à lui d’en assumer les conséquences.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 271 - octobre 2017
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