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Les Forces Armées en Nouvelle Calédonie

rédigé le 20 novembre 2017 (mis en ligne le 7 février 2018) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le Ministère de la défense l’affirme explicitement sur son site internet : « les Forces Armées en Nouvelle Calédonie (FANC) contribuent à l’exercice de la souveraineté française et à la préservation des intérêts de la France dans cette région ». Il s’agit de permettre à la France de tenir un rôle de grande puissance mondiale, en gardant une présence dans le Pacifique sud, zone qui prend de plus en plus d’importance.

Les FANC se composent de 1663 militaires, principalement métropolitains issus de l’Armée de Terre, de la Marine nationale, et de Armée de l’air. Leur commandement relève de l’autorité du chef d’état-major des armées. Sur les 700 militaires du Régiment d’Infanterie de Marine du Pacifique (RIMAP-NC), une trentaine seulement ont été recrutés localement.

Parmi les missions confiées à ces forces armées, arrivent en tête l’affirmation de la présence française, la protection des intérêts de la France, le maintien de la souveraineté dans la zone économique exclusive (ZEE), mais aussi le renseignement. Concrètement, la surveillance des espaces océaniques comporte aussi bien la chasse au narcotrafic que l’expulsion de bateaux de pêche chinois ou vietnamiens de la zone. La force armée intervient pour que l’exclusivité sur la zone soit appliquée dans les faits. A ces missions vient s’ajouter la coopération militaire quadrilatérale avec les pays limitrophes (Australie, Nouvelle-Zélande) et les Etats-Unis qui permet à la France d’affirmer sa puissance militaire dans la zone.

En cela, les missions de la FANC se rapprochent de celles des bases militaires françaises des anciennes colonies africaines (défense de la position stratégique et des intérêts français) et la similitude avec la Françafrique ne s’arrête pas là. Le groupe d’experts français chargé de plancher sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie s’est exprimé en faveur de la signature d’un accord de défense en cas d’indépendance de la Kanaky, pour permettre notamment le maintien de la base française. Il insiste : « Le retrait complet des forces françaises de Nouvelle-Calédonie (quelle que soit l’option statutaire) enverrait un signal extrêmement négatif aux autres pays de la région, et au-delà. Il affaiblirait le rayonnement de la France et tout autant celui de la Nouvelle-Calédonie et laisserait la population calédonienne sans protection face à des menaces extérieures ou des catastrophes naturelles ». L’option d’une force armée calédonienne est tout simplement balayée.

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 272 - novembre 2017
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