Survie

Service après-vente

rédigé le 1er février 2018 (mis en ligne le 16 avril 2019) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Après avoir décroché, l’été dernier, un semblant d’accord entre Faïez Sarraj, le chef du gouvernement reconnu par l’ONU et le maréchal Khalifa Haftar qui lui conteste militairement le pouvoir (Cf. Billets n°270, septembre 2017), le ministre français des Affaires étrangères s’est rendu en Libye fin décembre pour assurer le service après­-vente (Le Monde, 23/12/17) et rappeler aux deux protagonistes leur engagement. La feuille de route française visait en effet un scrutin présidentiel au printemps prochain. Haftar, qui n’a pourtant pas vraiment l’air de vouloir renoncer à la voie des armes, aurait « pourtant rassuré » ses interlocuteurs, selon Le Monde, qui cite un diplomate français qui s’en réjouit. « Je ne suis pas pessimiste », a confié Le Drian, qui paraît également adepte de la méthode Coué. L’histoire ne dit pas si Le Drian a demandé des nouvelles de Mahmoud Al Werfalli, un des miliciens de Haftar recherché par la Cour Pénale internationale pour sa manière un peu expéditive de mener la « guerre contre le terrorisme. » Reste qu’on voit mal ce qu’une simple élection, alors que le pays compte déjà deux parlements rivaux, va bien pouvoir arranger si, comme au Mali ou en Centrafrique hier, elle ne s’accompagne d’aucune politique préalable de réconciliation, menée par les Libyens eux-­mêmes. « Se focaliser sur les élections, comme le fait la diplomatie française, est dangereux », avertit un chercheur, Jalel Harchaoui, cité par Libération (22/12/17). « On ne parle pas de l’avant ni de l’après. Or que fait­on des perdants ? Comment intègre­t­on les différents camps ? Si le gagnant dicte sa loi, le conflit risque de repartir de plus belle. »

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 274 - février 2018
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