Survie

Neutralité vallsienne

rédigé le 5 mars 2018 (mis en ligne le 9 décembre 2019) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

En visite officielle en Nouvelle-Calédonie en février, Manuel Valls, président de la mission d’information de l’Assemblée nationale sur l’avenir institutionnel de l’archipel, s’est prononcé en faveur du maintien dans la France.

« Je suis très attaché à ce lien entre la Nouvelle-Calédonie et la France et je souhaite que la Nouvelle-Calédonie reste avec la France » a-t-il déclaré lors d’un débat public au sein du Congrès. Il a aussi demandé que l’exécutif français apporte « son propre éclairage ».

Par de telles déclarations, il rompt avec la position de neutralité qui est censée être la sienne sur cette question (du moins publiquement, puisque la France en tant qu’État colonisateur, ne peut être neutre), ce que n’ont pas manqué de dénoncer les indépendantistes. Louis Mapou, chef du groupe UNI au Congrès (Union nationale pour l’indépendance-FLNKS) a déclaré : « La mission vient de fendre l’armure en prenant position ouvertement contre l’indépendance et de placer ses travaux dans un cadre partisan ». Roch Wamytan, chef du groupe Union Calédonienne-FLNKS au Congrès, rappelle que « c’est la population calédonienne qui doit décider ». « Ils sont là au nom de l’Assemblée nationale pour informer, pas pour dire ce qu’on doit faire ». Même le groupe Calédonie ensemble, non-indépendantiste, pense que « si l’État marque sa préférence pour une solution ou une autre, on coupe court à toute discussion et on engendre des crispations ».

Les sénateurs, tout comme de nombreux autres commentateurs depuis la métropole, ont beau jeu de s’alarmer des risques de tensions créées par le référendum à venir, quand ils en sont eux-mêmes les instigateurs. Mais les tensions profitent toujours à certains...

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Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 275 - mars 2018
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