Survie

Pays possédé pas encore exorcisé

rédigé le 24 septembre 2018 (mis en ligne le 1er avril 2020) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Chaque 24 septembre, les habitant.es de la Nouvelle Calédonie commémorent la « prise de possession » du pays par la France, en 1853, marquant le début administratif de la colonisation. Cette date a toujours été l’objet d’enjeux politiques. D’un événement à la gloire de la France et son armée, avec un défilé militaire à partir de 1872, à sa perturbation par les premiers groupes indépendantistes en 1974, jusqu’à une cérémonie conjointe de la « fête de la citoyenneté » issue de la réconciliation, qui fait encore l’objet de batailles symboliques entre la droite coloniale et les indépendantistes (voir à ce sujet les travaux de Stéphanie Graff). Ces tensions ont culminé en 2012 lorsque des hommes cagoulés et en treillis dépêchés par la mairie de Nouméa ont détruit au bulldozer des cases traditionnelles érigées pour la commémoration. Lors de sa visite en Nouvelle Calédonie en mai 2018, Emmanuel Macron a remis symboliquement au gouvernement calédonien le document original de l’acte de possession signé en 1853. Le FLNKS a voulu y voir un signe positif que la France marquait ainsi « son désengagement  » d’un « passé colonial encombrant ». Macron a pourtant aussi déclaré que «  la France ne serait pas la même sans la Nouvelle Calédonie  », rompant avec la neutralité promise. Le 24 septembre 2018, quelques semaines avant le premier référendum sur l’indépendance du pays sera à surveiller de près.

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Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 280 - septembre 2018
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