Survie

Les militaires et l’affaire Audin

rédigé le 22 octobre 2018 (mis en ligne le 29 octobre 2018) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

« Les militaires français d’aujourd’hui redoutent l’amalgame », rapporte Le Monde (14/09) après la reconnaissance par Macron que le militant communiste Maurice Audin avait été tué du fait d’un « système légalement institué » de pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie.

« Il ne faudrait pas qu’en revenant sur des affaires très anciennes on entache la réputation d’une armée qui depuis vingt ans en opérations extérieures se comporte de manière irréprochable », déclare ainsi le général Henri Bentégeat, lequel fut chef d’état-major des armées entre 2002 et 2006 et donc à la tête de l’armée au moment où, en novembre 2004, l’armée française tirait de manière irréprochable sur des manifestants ivoiriens non armés, faisant plusieurs dizaines de morts et plusieurs centaines de blessés…

Par ailleurs, ces « affaires très anciennes » que certains voudraient laisser cachées sous le tapis restent néanmoins très présentes dans les cœurs et les esprits de certains. Ainsi le général Bruno Dary, ancien Gouverneur militaire de Paris et président du Comité National d’Entente (CNE) qui prétend représenter « plus de 40 associations patriotiques, d’anciens combattants et de victimes de guerre, soit environ 1.500.000 personnes », a adressé une lettre au Président français (Lopinion.fr, 27/09) dans laquelle il s’étonne des déclarations de Macron et défend vaillamment l’héritage de la Coloniale : Maurice Audin « trahissait sa patrie, ses concitoyens et l’armée française » et « la bataille d’Alger, même si elle eut des heures sombres, a éradiqué le terrorisme ». D’ailleurs si c’était à refaire…

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Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 281 - octobre 2018
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