Survie

La part d’hypocrisie

rédigé le 1er novembre 2018 (mis en ligne le 1er avril 2020) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

On le sait, nos militaires tiennent aux traditions et au respect des « grands hommes », quand bien même ceux-ci sont des grands criminels. Dernière illustration en date : l’état-major des armées avait concocté un sympathique petit programme de célébration du 11 novembre, avec hommage aux maréchaux de la Grande guerre : Joffre, Foch, Gallieni, Fayolle, Franchet d’Esperey, Lyautey et Maunoury et... Pétain. Alerté par quelques historiens et journalistes (sur le cas Pétain bien entendu, l’hommage aux coloniaux en revanche ne pose pas problème...), les conseillers de l’Elysée assurent que le dossier de presse a fuité avant d’être validé et que Macron n’assisterait pas à cette cérémonie (Mediapart, 17/10), même si ce dernier a jugé que l’hommage était « légitime » (AFP, 07/11). Les militaires ne digèrent pas non plus (voir par exemple le blog du très médiatique colonel Goya) que Macron, pour redorer son image, préfère rendre hommage aux poilus plutôt qu’à ceux qui les ont envoyés à la boucherie. En revanche, le programme fait la part belle aux chefs d’État africains qui « représenteront les soldats de leur pays morts pour la France ». « Après un déjeuner à l’Élysée, rapporte Jeune Afrique (28/10), ils inaugureront le Forum de Paris sur la Paix (…). Les autorités françaises ont demandé aux présidents qui le souhaitent de choisir un ouvrage qui symbolise pour eux la paix (...) Tous seront invités à expliquer leur choix dans un message vidéo d’une minute. Son enregistrement sera réalisé devant une "Bibliothèque de la paix", constituée d’un arbre avec des rayonnages. Ainsi, IOG [Ismaïl Omar Guelleh, Djibouti] lira un extrait de La Part du colibri, de Pierre Rabhi. » Comme c’est touchant ! On attend impatiemment Gandhi lu par Idriss Déby et Luther King par Sassou Nguesso…

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