Survie

Mensonges répétés

rédigé le 26 avril 2019 (mis en ligne le 8 mai 2019) - Billets d’Afrique et d’ailleurs...

Le nouveau média Disclose et la cellule investigation de Radio France ont révélé le contenu d’un rapport « confidentiel défense » de la Direction du renseignement militaire (DRM), daté du 25 septembre 2018 et consacré à l’utilisation au Yémen des armes françaises vendues à l’Arabie Saoudite (www.francetvinfo.fr, 15/04).

Le rapport contredit toutes les déclarations publiques de l’exécutif sur le sujet. Contrairement aux affirmations répétées de la ministre des Armées Florence Parly ou du ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian, les autorités françaises ont bien connaissance de l’utilisation des armes françaises au Yémen : « Chars Leclerc, obus flèche, Mirage 2000-9, radar Cobra, blindés Aravis, hélicoptères Cougar et Dauphin, frégates de classe Makkah, corvette lance-missiles de classe Baynunah ou canons Caesar », y compris, pour certaines d’entre elles, dans les zones où des civils ont été bombardés.

Contrairement encore aux affirmations répétées de nos ministres, y compris devant les parlementaires, les négociations et les ventes d’armes à l’Arabie saoudite se sont poursuivies, en toute connaissance de cause des risques d’être associés à des crimes de guerre, et donc en violation du Traité sur le commerce des armes (TCA). Face à ces révélations, Matignon et la Défense continuent à nier avoir « connaissance de victimes civiles résultant de [l’] utilisation sur le théâtre yéménite » des armes françaises. Dans un communiqué publié en réponse à l’enquête, le cabinet du Premier ministre a également réaffirmé que « les armes françaises dont disposent les membres de la coalition sont placées pour l’essentiel en position défensive, à l’extérieur du territoire yéménite ou sur des emprises de la coalition, mais pas sur la ligne de front ».

Outre que l’éloignement du front de certains matériels ne signifie nullement une « position défensive » dans cette guerre d’agression, compte tenu de la portée de certains d’entre eux, ce « pour l’essentiel » sonne comme un demi-aveu...

Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 285 - mars-avril 2019
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