Survie

France-Rwanda : une plaie toujours à vif

rédigé le 30 mai 2021 (mis en ligne le 21 septembre 2021) - Raphaël Doridant

Le rapport Duclert et sa reprise par les médias ont permis à l’opinion publique française de prendre plus largement conscience des responsabilités de notre pays dans le génocide des Tutsis. Néanmoins, les limites du rapport, le déni persistant des responsables de l’époque, les divisions de la classe politique favorisées par le silence du président Macron, le soupçon de petits arrangements entre Paris et Kigali démontrent que l’exigence de vérité est toujours aussi impérative

L’abondante couverture médiatique dont a bénéficié, depuis sa remise le 26 mars dernier au président de la République, le rapport de la commission Duclert sur les archives françaises relatives au Rwanda et au génocide des Tutsis a, c’est indéniable, fait progresser la prise de conscience des citoyens français : la politique menée au Rwanda par le président Mitterrand apparaît aujourd’hui scandaleuse ou au moins problématique. Toute la lumière n’a pas encore été faite sur les « responsabilités lourdes et accablantes », renvoyées par le rapport à un passé révolu et circonscrites à Mitterrand et à ses conseillers, en particulier son état-major particulier. La commission ne dit en effet rien, ou très peu, sur le rôle possible de Français dans l’attentat du 6 avril 1994 qui coûta la vie au président rwandais Habyarimana et fut le signal du déclenchement du massacre des Tutsis, sur la présence de militaires et de mercenaires français pendant le génocide, sur les livraisons d’armes malgré l’embargo des Nations-Unies, sur les liens maintenus entre Paris et les Forces armées rwandaises, dont une partie contribuaient au génocide… Ajoutons que si la commission Duclert a établi que les autorités françaises avaient refusé d’arrêter le gouvernement génocidaire à la mi-juillet 1994, l’incitant et l’aidant au contraire à fuir au Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), elle n’a pas enquêté sur le soutien accordé aux génocidaires qui préparaient ensuite, depuis ce pays, la reconquête du Rwanda. Le rapport Muse, rédigé à la demande de Kigali par un cabinet d’avocats états-unien, et rendu public le 19 avril, est de ce point de vue bien plus complet. Peut-être est-ce la raison pour laquelle il n’a rencontré que peu d’écho en France…

Des militaires parlent

Néanmoins, la publication du rapport Duclert a permis à certains militaires qui avaient en leur temps fait part de leurs réticences vis-à-vis de la politique française au Rwanda, voire s’y étaient opposés et en avaient payé le prix, d’obtenir la reconnaissance de leur lucidité de l’époque. La commission Duclert a en effet tenu à mettre en lumière le rôle courageux joué par ces trop rares fonctionnaires civils et militaires. Jusqu’ici, seuls, ou presque, Thierry Prungnaud, à l’époque adjudant-chef, Guillaume Ancel, capitaine lors de l’opération Turquoise, et le général Jean Varret s’étaient exprimés. À l’occasion de la publication du rapport, le général Varret, chef de la Mission militaire de coopération jusqu’en 1993, a répété ce qu’il avait déjà dit à la Mission d’information parlementaire (MIP) en 1998, puis dans son livre Général, j’en ai pris pour mon grade, paru en 2018, à propos des signes avant-coureurs du génocide (La Croix, 31/03/2021) : « Lors d’un tête à tête avec le responsable de la gendarmerie rwandaise [en décembre 1990], ce dernier m’a justifié sa demande de mitrailleuses et de mortiers en m’expliquant que la gendarmerie participerait au règlement du "problème" par la liquidation prochaine de tous les Tutsis… Horrifié par cet aveu, je m’en suis immédiatement ouvert au président Habyarimana. J’ai, bien sûr rendu compte de ces entretiens dans un rapport qui n’a pas eu de suite et qui n’a pas été retrouvé par la commission [Duclert]  ». Évincé de son poste en avril 1993, un an avant le déclenchement du génocide des Tutsis, à la demande du général Christian Quesnot, chef de l’état-major particulier du président Mitterrand, le général Varret ne fut pas la seule victime des faucons élyséens.
Le colonel René Galinié, attaché de défense à Kigali de 1988 à juillet 1991, a confirmé la précocité du projet de génocide contre les Tutsis. Parlant des hauts gradés rwandais, il a en effet expliqué (Médiapart, 01/04/2021) : « L’élimination des Tutsis était leur feuille de route depuis bien avant 1990  ». Quant à la politique menée par la France, il en avait vu très tôt les limites : « Entre mi-février et mi-mai 1991, je commence à m’apercevoir que les efforts de démocratisation et d’évolution vers le multipartisme sont systématiquement contrecarrés par le pouvoir réel des "durs", [les colonels] Rwagafilita, Serubuga, Nsekalije et Agathe Habyarimana [la femme du président rwandais] avec sa fratrie. En face, le chef de l’État est impuissant. Je préviens Paris. En résumé, j’écris : "On se plante." Paris me lâche. À partir de la mi-mai 1991, je suis considéré comme insupportable. J’écris unrapport sous la forme de message à destinations multiples, pour être sûr qu’il ne disparaisse pas. Je conteste les mesures prises par Paris, au point que je reçois un appel téléphonique de l’état-major particulier, furieux, me disant : "On ne présentera jamais un tel rapport au président." »
Un rapport de fin de mission que ni la MIP, ni la commission Duclert n’ont retrouvé. Il est vrai qu’il contredit le discours d’Hubert Védrine pour justifier la politique française qui comportait, selon l’ancien secrétaire général de l’Élysée, un volet militaire visant à aider le Rwanda à tenir sa frontière face aux attaques du Front patriotique rwandais (FPR) et un volet politique visant à «  tordre le bras » au président Habyarimana pour qu’il démocratise son pays et négocie avec le FPR dans le cadre du processus d’Arusha. Une politique que le colonel Galinié jugeait vouée à l’échec dès la mi-1991, ce qui n’empêcha pas qu’elle soit poursuivie encore de longs mois, puis spectaculairement abandonnée en février 1993 au profit d’une politique d’hostilité radicale au FPR. Celle-ci, marquée par un appel aux Hutus à faire front commun contre le FPR et une propagande le dépeignant comme un mouvement de « Khmers noirs », ne tenait aucun compte des résultats d’une enquête internationale d’organisations de défense des droits humains qui dénonçait des massacres de Tutsis couverts par le président Habyarimana et un risque de génocide. Pour sa part, le général Patrice Sartre, qui participa, comme colonel, à l’opération Turquoise (22 juin – 22 août 1994), raconte sa perplexité de l’époque ( Le Monde, 31/03/2021 ) : «  Perplexité due d’abord à la situation rwandaise telle que décrite par les ordres de lancement de l’opération, description immédiatement contredite par la réalité que nous découvrirons, en partie grâce aux journalistes qui nous entouraient. Perplexité devant des ordres inadaptés qui nous conduiront à des erreurs qui nous sont, à ce jour, encore reprochées. […] Enfin, et là se situe aujourd’hui encore ma plus grande perplexité, les seuls adversaires que nous avions affrontés par les armes étaient les troupes du FPR, que nous comprenions pourtant comme se portant au secours des mêmes Tutsis que nous venions protéger du génocide. Simultanément, l’essentiel de notre action humanitaire s’était concentré sur les populations touchées par le choléra, celles qui avaient fourni les génocidaires et qui les abritaient encore ». Le général Sartre décrit bien l’ambiguïté de l’opération Turquoise, calibrée comme une opération militaire bien davantage que comme une opération humanitaire, et dont l’ordre d’opérations émanant de l’état-major des armées ne mentionnait pas le génocide perpétré contre les Tutsis, mais de «  très graves affrontements interethniques », ajoutant : « plusieurs centaines de milliers de personnes d’ethnie hutue et tutsie ont été exterminées  », ce qui laissait croire faussement que le FPR commettait lui aussi une « épuration ethnique  ». Cette confusion entretenue par la hiérarchie militaire doublée de la désignation de fait du FPR comme l’ennemi a compliqué la prise de conscience de la situation critique des Tutsis par les militaires français, et les a conduits à se tenir nolens volens de bout en bout au côté des assassins.

Le déni 
obstiné des acteurs 
politiques de l’époque

Ni la réhabilitation des lanceurs d’alerte par la commission Duclert, ni les conclusions du rapport n’ont modifié le récit des acteurs politiques de l’époque, qui s’enfoncent toujours plus dans le déni. Hubert Védrine se réjouit que le rapport « écarte clairement toute idée de complicité de la France dans le génocide [...] une accusation non seulement débile mais monstrueuse et fausse  » (RFI, 28/03/2021). Il souligne aussi que le rapport ne lui «  prête aucun rôle particulier dans toute cette affaire ». Il conteste l’essentiel des conclusions du rapport, arguant que «  tout démarre en fait en 1990, avec les attaques du FPR  », et ajoutant : « Personne ne dit qu’il y a un risque de génocide au Rwanda en 1990 »… à part l’ambassadeur Martres et le colonel Galinié dans leurs messages des 15 et 24 octobre 1990, et le général Varret en décembre. Védrine estime en outre que la France n’a pas manqué de lucidité pendant les trois mois du génocide, mais qu’elle a, au contraire, été la seule puissance à agir avec l’opération Turquoise, qui « n’est pas une opération française mais une opération des Nations-Unies, dans laquelle il y a action humanitaire, pas d’interposition et évidemment pas d’arrestations ». La perplexité du général Sartre n’est visiblement pas partagée par l’ancien secrétaire général de l’Élysée.
C’est aussi sur le registre du « nous avons été les seuls à agir », mais sur le mode du mea culpa (« nous n’avons pas fait assez ») et sans l’arrogance de Védrine qu’Alain Juppé a commenté le rapport Duclert (Le Monde, 07/04/2021). Soulignant lui aussi que « la France est enfin exonérée de l’accusation de complicité dans la préparation, voire l’exécution du génocide, injustement portée contre elle pendant des années  », l’ancien ministre des affaires étrangères en 1994 a regretté que les soldats français de l’opération Amaryllis (9-14 avril 1994) aient évacué les ressortissants étrangers sans tenter, avec l’aide des autres forces militaires présentes sur place (ONU, troupes belges et italiennes à Kigali, marines états-uniens au Burundi) de « s’opposer aux tueurs, protéger les victimes  ». Il a qualifié « d’acte de lâcheté internationale » la réduction du contingent de l’ONU au Rwanda décidée le 21 avril 1994, et que la France a également votée. Il a rappelé qu’il avait été l’un des premiers à parler de « génocide », à la mi-mai 1994. Il a relevé que le rapport Duclert tirait un bilan positif de l’opération Turquoise. La principale leçon qu’il retient est que « nous n’avons pas compris qu’un génocide ne pouvait supporter des demi-mesures. Face à l’horreur génocidaire, l’extermination des enfants, des femmes et des hommes pour la seule raison qu’ils étaient nés tutsis, tout aurait dû être tenté pour les sauver  ».
Ce discours pétri de remords passe sous silence la formation du gouvernement génocidaire à l’ambassade de France les 8 et 9 avril 1994, ainsi que le fait que Juppé a lui-même rencontré officiellement à Paris le ministre des affaires étrangères de ce gouvernement, le 27 avril 1994. Nulle mention non plus du refus du Quai d’Orsay qu’il dirigeait d’accepter l’offre des États-Unis d’élargir le mandat reçu de l’ONU pour permettre l’arrestation de ce gouvernement replié dans la zone Turquoise à la mi-juillet 1994. Cette arrestation était préconisée avec insistance par l’ambassadeur Yannick Gérard présent sur place, à qui le cabinet de Juppé demanda au contraire de prier le gouvernement du génocide de passer rapidement au Zaïre (aujourd’hui République démocratique du Congo), lui permettant ainsi d’échapper à la justice internationale. Notons enfin qu’Alain Juppé a été à l’époque le premier dirigeant français à suggérer la thèse fallacieuse selon laquelle deux génocides auraient eu lieu au Rwanda, un génocide contre les Tutsis et un génocide contre les Hutus, perpétré par le FPR (Libération, 16/06/1994).
Autre acteur politique majeur, l’ancien premier ministre Édouard Balladur, tout juste blanchi par la Cour de Justice de la République des accusations de financement illégal de sa campagne présidentielle de 1995, pour lesquelles son ex-directeur de cabinet a lui été condamné par le tribunal correctionnel, a consenti à s’exprimer publiquement (France 24, 14/04/2021). Plus proche de la réaction d’Hubert Védrine que de celle d’Alain Juppé, il a dit son désaccord avec l’affirmation selon laquelle la France a eu des « responsabilités lourdes et accablantes ». Pour lui, « nous sommes les seuls à avoir fait quelque chose ». Il a, comme Juppé, mis en avant son rôle personnel en soulignant qu’il s’était opposé à ceux qui voulaient s’engager aux côtés « des Hutus », avant de conclure péremptoirement : « N’attendez pas de moi la moindre déclaration de repentance  ». Bref, à entendre les acteurs politiques de l’époque, au sein d’une communauté internationale passive et lâche face au génocide, la France a fait mieux que les autres parce qu’elle a agi à travers l’opération Turquoise, dont le caractère strictement humanitaire ne fait aucun doute…

Le silence de Macron

Ce déni des responsables de l’époque a été accueilli, comme le rapport Duclert avant lui, par le silence de la majeure partie de la classe politique. Raphaël Glucksmann a été, sauf erreur, le seul à dire clairement que le rôle de l’État français et de Mitterrand dans le génocide des Tutsis était « le pire scandale de la Ve République  ». L’ancien président Nicolas Sarkozy a pour sa part rappelé qu’il avait été le premier, il y a 11 ans, à reconnaître des « erreurs politiques » et un « aveuglement » (Le Point, 06/05/2021). Il s’est dit favorable à une reconnaissance du rôle de la France, sous la forme que Macron jugera appropriée. Il a regretté que l’opération Turquoise soit « arrivée trop tardivement ». Il a repris à son compte les conclusions du rapport Duclert qui excluent la complicité et limitent les responsabilités à Mitterrand et à ses conseillers : «  l’aveuglement dramatique était le fait d’un petit groupe au plus haut sommet de l’État : le chef d’état-major particulier, la cellule Afrique et le président Mitterrand lui-même  ».
Son successeur à l’Élysée, François Hollande, a estimé au contraire que François Mitterrand était « hors de cause » puisqu’il « n’y a pas eu de complicité de la France, les deux rapports [Duclert et Muse] l’établissent  » (France Inter, 10/05/2021). Pour Hollande, comme pour l’ensemble des responsables français, il s’agit de mettre en avant la «  très lourde responsabilité  » de la communauté internationale « parce que pendant des mois elle n’a rien fait  ». Une réaction « mitterrandiste » qui ne surprend guère, à la différence de celle de l’ancien premier ministre Bernard Cazeneuve. Ce dernier avait été en 1998 l’un des deux rapporteurs de la Mission parlementaire. Il conteste pourtant aujourd’hui le qualificatif de responsabilités «  lourdes et accablantes » et la description que le rapport fait du FPR comme voulant rétablir la démocratie au Rwanda (Le Monde, 19/05/2021).
Mais le plus surprenant est le silence observé par le président de la République. Macron a déjà eu au moins trois occasions de s’exprimer officiellement sur le rôle de la France dans le génocide des Tutsis : le 26 mars, lors de la remise du rapport Duclert ; le 7 avril, jour de commémoration du génocide ; le 18 mai, lors de la visite à Paris du président rwandais Paul Kagame. Il a choisi de parler le 27 mai, à Kigali. Ce choix n’a pas été sans conséquence car il a créé une incertitude sur la position officielle de la France et permis aux défenseurs de la politique menée au Rwanda de redresser la tête, à commencer par les acteurs de l’époque. Lorsque 14 anciens ministres ou élus socialistes menés par Paul Quilès et Hubert Védrine ont attaqué le travail de la commission Duclert (L’Obs, 28/04/2021), Macron a laissé son président Vincent Duclert leur répondre…

Increvable Françafrique

C’est donc un président affaibli – le président de l’Assemblée nationale, un de ses proches pourtant, a refusé d’ouvrir les archives de la MIP à la commission Duclert – qui se rend au Rwanda le 27 mai. Que peut-il y dire, alors que son plus proche allié, François Bayrou, exclut que la France présente des excuses au peuple rwandais ? Gageons que Macron trouvera des mots pour mettre un peu de baume sur la plaie ouverte dans les relations franco-rwandaises par le rôle de Paris dans le génocide. Il a visiblement le soutien des autorités rwandaises, qui ont officiellement déclaré que l’État français n’était pas complice du génocide. Vraiment ? Paris a pourtant rendu possible la préparation du génocide, puis sa perpétration, avant de protéger la fuite au Zaïre de ses auteurs. Le président Macron va-t-il le reconnaître officiellement ? A en juger par le contenu du rapport Duclert, si elliptique dès qu’il s’agit de la période du génocide et de l’après-génocide, ce serait très surprenant puisque les conclusions du rapport sont le socle commun du rapprochement avec Kigali. Si, comme l’a dit le président Kagame le 7 avril dernier, « la monnaie du pardon est la vérité  », il y a fort à parier que le peuple rwandais ne puisse pas encore accorder le sien au peuple français, pour ce que ses dirigeants ont fait au Rwanda « au nom de la France ».
Mais ce n’est pas tout. Ces petits arrangements avec la vérité sont aussi le signe que l’analyse en profondeur de la politique menée au Rwanda n’a pas été faite. Les structures intellectuelles et institutionnelles qui l’ont portée - celles de la Françafrique - sont toujours en place, prêtes à déclencher de nouvelles catastrophes. Ces structures constituent un déni de démocratie ici et une menace pour les peuples africains là-bas. Le 26 mars, dans son communiqué de presse saluant la remise du rapport Duclert, l’Élysée disait espérer que « ce rapport aura aussi un impact sur l’ensemble de notre relation avec l’Afrique » et qu’il « soit un sujet emblématique du renouveau que nous avons amorcé » avec le continent, après les décisions « très symboliques que sont la remise du patrimoine d’art africain ou la réforme du franc CFA  » (AFP). Un renouveau bien parti, en effet. Le 23 avril, Macron assistait aux obsèques du dictateur tchadien Idriss Déby, avalisant la prise de pouvoir de son fils. Le 4 mai, l’Égypte du président Al-Sissi, décoré par Macron de la grand-croix de la Légion d’Honneur en décembre 2020, confirmait l’achat de 30 avions Rafale, un contrat de près de 4 milliards d’euros financé par un emprunt garanti à 85 % par la France…
Raphaël Doridant

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Cet article a été publié dans Billets d’Afrique 307 - mai 2021
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