
Depuis vingt ans, les initiatives législatives pour lutter contre la vie chère et les tensions inflationnistes chroniques dans les colonies d’outre-mer n’ont rien enrayé. En 2022, l’Insee relevait que l’alimentaire y était 30 à 42 % plus cher qu’en France, l’ensemble des biens 9 à 16 %. Le projet de loi contre la vie chère, présenté au conseil des ministres du 30 juillet par le ministre des Outre-mer Manuel Valls, est critiqué par l’ensemble des élus locaux. Ce dernier avait pourtant récemment dénoncé les oligopoles de la distribution, le Groupe Bernard Hayot (GBH) en tête. Mais son texte ne répond ni aux enjeux structurels ni aux réalités socio-économiques spécifiques des outre-mer.
Les avancées ? Les distributeurs autorisés à exclure les frais de transport du calcul du seuil de revente à perte ; le renforcement du « bouclier qualité prix », incluant de nouveaux produits de consommation courante dans l’encadrement des prix ; plus de transparence sur les « marges arrières » (ristournes appliquées par un fournisseur à un distributeur), les petites entreprises locales favorisées. Mais rien sur l’octroi de mer (taxe spécifique très contestée qui finance les départements ultramarins), ni sur l’emprise croissante de certains groupes dans l’ensemble des filières, sur les marges réalisées en amont de la distribution, ou sur l’encadrement des loyers… Sauf que pour lutter efficacement contre la vie chère, l’État ne peut se contenter d’intervenir sur la grande distribution alimentaire. Le texte doit être examiné par le parlement à la rentrée.