
Le 17 octobre, BNP Paribas a été condamnée par un jury populaire à New York pour avoir financé de 2009 à 2019 l’armée et les milices de l’ancien président soudanais Omar El-Béchir. Cette condamnation fait suite à la plainte de trois réfugiés soudanais qui ont dénoncé des viols et des actes de torture. La banque française devra leur verser 21 millions de dollars. « Le risque financier est grand puisque ce dossier compte quelque 25 000 plaignants, explique RFI (21/10/2025) qui précise que « ce jugement pourrait […] faire jurisprudence et conduire la banque à payer une très lourde facture. ». Sa réputation est aussi bien entamée, puisqu’elle a déjà été condamnée en 2014 pour son rôle dans le financement de l’armée soudanaise et de milices alliées, responsables d’exactions contre des civils au Darfour (Billets d’Afrique n°290, 10/2019).
Par ailleurs, la France pourrait être indirectement impliquée dans les massacres en cours actuellement dans ce même Darfour, notamment lors de la prise de sa capitale El Fasher par les Forces de soutien rapide le 27 octobre. Un rapport d’Amnesty international publié en novembre 2024 montre que des armes utilisées dans ce conflit sont fournies par les Émirats arabes unis qui s’alimentent notamment auprès d’entreprises françaises comme Lacroix Défense et KNDS France. Au regard du droit international, rappelle l’ONG, la France ne devrait « pas autoriser ces transferts » vers un pays en guerre sous embargo comme le Soudan. Paris se rend ainsi une nouvelle fois complice d’un crime de masse.