Survie

Le procès du déchøukaj des statues coloniales

(mis en ligne le 7 janvier 2026) - Décolonisons, le journal

Le 17 novembre, le tribunal correctionnel de Fort-de-France a rendu son délibéré dans l’affaire du déboulonnage en 2020 des statues de Victor Schoelcher (auteur du décret d’abolition de l’esclavage en 1848), Joséphine de Beauharnais et Pierre Belin d’Esnambuc, toutes datant de l’époque coloniale. Des onze personnes jugées pour destruction et dégradations aggravées de biens appartenant à une personne publique, neuf ont été relaxées, deux reconnues coupables avec dispense de peines.
Le tribunal dans sa motivation a clairement écarté qu’il s’agisse d’un dossier de droit commun en reconnaissant la dimension politique du déchøukaj (déboulonnage en créole) : « L’acte posé par ces militants-là était justifié par la symbolique totalement inacceptable de ces statues dans le paysage martiniquais. On ne peut pas accepter que des statues représentant des personnes qui ont encouragé, participé ou bénéficié de l’esclavage soient encore mises en avant.  » Fait notable, aucune partie civile n’était constituée durant ce procès, les mairies où ont eu lieu les déboulonnages n’ayant envoyé aucun représentant.
Les prévenu·e·s avaient fait de ce procès une tribune : « Dans une société encore structurée par les inégalités raciales, sociales et économiques héritées de la colonisation et de l’esclavage, ce déchøukaj constitue un acte de justice, de dignité et de réparation face à la banalisation, voire à l’apologie, d’un crime contre l’humanité dans l’espace public ». Pour en savoir plus sur ce procès (et voir les statues tomber), rendez-vous sur le site dechoukaj.com.

Je soutiens Survie
Du Rwanda à Gaza, la France complice de génocides
Les articles du mensuel sont mis en ligne avec du délai. Pour recevoir l'intégralité des articles publiés chaque mois, abonnez-vous
Pour aller plus loin
a lire aussi