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Polynésie : attaquer pour enfin discuter

(mis en ligne le 7 janvier 2026) - Décolonisons, le journal

En 2022, Moetai Brotheson, alors député, critiquait dans nos colonnes un État français « aux abonnés absents » dès qu’il s’agit de parler décolonisation de la Polynésie française, pourtant inscrite depuis 2013 sur la liste des territoires non autonomes de l’ONU : « Chaque fois que nous prenons la parole aux Nations Unies, l’ambassadeur français quitte la salle et ne revient que lorsque nous avons fini de parler » (Billets d’Afrique n° 319, 07/2022). Trois ans plus tard, les indépendantistes polynésiens tentent de forcer la main à Paris. Fin 2024, l’assemblée polynésienne, où le parti Tavini Huira’atira est majoritaire, votait une résolution appelant la France à enfin ouvrir le dialogue sur le sujet, sans quoi son président, Antony Géros, serait autorisé à l’attaquer en justice. Ne relevant pas de la compétence du parlement local, la démarche n’avait aucune chance d’aboutir.
Mais ce 22 octobre, Moetai Brotherson, désormais président de la Polynésie française, a annoncé qu’il allait bien attaquer en justice l’État très prochainement au nom de sa collectivité pour l’obliger à s’asseoir enfin à la table des discussions. En effet, lui en a le droit. « Un dirigeant responsable doit considérer tous les instruments pacifiques et légaux quand il est face à une impasse », avait-il indiqué quelques semaines plus tôt devant la Quatrième Commission de l’ONU, en charge de la décolonisation (Tahiti infos, 22/10). Dont acte.

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