
Au Tchad, des éléphants, ça trompe énormément ! Surtout quand c’est l’ONG colonialiste African Parks Networks (APN) qui en fait le décompte, se vantant d’avoir permis une augmentation de 40 % de leur population au Tchad. La réalité est bien en deçà : au mieux +15 % alors que, naturellement, elle aurait dû doubler, selon Olivier van Beemen dans son livre Au nom de la Nature (Billets d’Afrique n°347, mai 2025).
Le ministre tchadien de l’Environnement, de la Pêche et du Développement durable, Hassan Bakhit Djamous, n’a donc pas tort de s’inquiéter. Le 6 octobre dernier, il a mis fin unilatéralement aux mandats confiés par le gouvernement tchadien en 2010 et 2017 à APN pour gérer les réserves de l’Ennedi et de Zakouma (qui inclut le parc national de Siniaka-Minia). Motif : lutte insuffisante contre le braconnage, défaut d’investissement pour améliorer les infrastructures et développer le tourisme, arrogance vis-à-vis des autorités locales, gestion opaque des financements provenant des donateurs, principalement l’Union européenne. Celle-ci est aussitôt venue à la rescousse d’APN (Tchadinfos, 14/10/2025), annonçant le gel de sa subvention de 20 millions d’euros en cas de non-réconciliation. Le 17 octobre, le ministre tchadien signait à N’Djaména avec APN un communiqué annonçant de nouveaux accords… Le pactole des « crédits carbone et d’autres services dits écosystémiques » (dixit Olivier van Beemen, op. cit.) n’a pas fini d’attiser les convoitises.