
Matthew et Hunter, ces deux noms ne vous disent rien ? Normal, il s’agit de deux îles minuscules (0,7 et 0,65 km²) et inhabitées, perdues dans l’océan Pacifique. Mais ces bouts de terre sont français ! Le Vanuatu voisin les revendique pourtant depuis son indépendance en 1980. Pour des raisons culturelles notamment : Umaenupne (Matthew) et Umaenéa (Hunter) étaient d’importants lieux de culte pour les Ni-vanuatu « depuis d’innombrables générations » selon un rapport de l’ONU de 2011.
Des discussions se sont régulièrement tenues ces dernières années entre la France et son ancienne colonie (dans le cadre d’un condominium avec le Royaume-Uni) autour de la souveraineté de ces deux cailloux. Un nouveau round s’est ouvert à Port-Vila fin novembre et devrait se poursuivre à Paris début 2026. Mais voilà que l’extrême-droite s’est emparée du sujet – Marine Le Pen sortant même le grand jeu sur X : « Les Français n’attendent pas du pouvoir macroniste qu’il dépèce dans leur dos nos territoires d’Outre-mer » (15/12). Poussant le Quai d’Orsay à réagir trois jours plus tard : « Aucune cession de territoires ou renonciation à notre souveraineté n’a été évoquée lors de cet échange ». On n’en doutait pas un instant : outre son impérialisme forcené, le pouvoir macroniste n’a en réalité aucune envie de lâcher les 350 000 km² de zone économique exclusive rattachés à Matthew et Hunter… Sans compter le signal que cela pourrait envoyer à un territoire situé à quelque 500 kilomètres de là et en lutte pour son indépendance : la Kanaky-Nouvelle-Calédonie.