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La Banque de France complice de génocide ?

(mis en ligne le 12 janvier 2026) - Décolonisons, le journal

Le 4 décembre, le Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR) a saisi la justice d’une plainte contre la Banque de France pour « complicité de génocide et crimes contre l’humanité ». Il reproche à l’institution de ne pas avoir gelé à l’époque le compte de la Banque nationale du Rwanda. Et même d’avoir effectué pour elle, après le début du génocide des Tutsis, sept transferts de fonds d’un montant total d’environ 500 000 euros. Six de ces virements ont même été effectués en plein génocide. Des transferts de fonds documentés (montants et dates) en 1996 par deux experts du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et qui auraient pu profiter au régime génocidaire. Parmi les bénéficiaires, trois ambassades, qu’on soupçonne avoir été utilisées par Kigali pour faciliter les transactions et achats d’armes à l’étranger, ainsi que la société Alcatel. Pour Alain Gauthier, cofondateur du CPCR, il ne fait guère de doute que le virement à cette dernière « avait pour objet le financement de téléphones satellites à destination des plus hautes autorités rwandaises  ». La Banque de France a réagi en indiquant n’avoir trouvé « aucune trace des virements évoqués » et ajoutant que leurs montants seraient « compatibles avec des dépenses de fonctionnement ».
Par cette plainte, le CPCR espère que la justice pourra faire toute la lumière sur ces transferts de fonds, ce qui permettrait de préciser aussi les contrôles mis en place par les autorités françaises sur les flux financiers depuis ou vers le Rwanda pendant le génocide.

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