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Le colonialisme en procès à Alger

(mis en ligne le 12 janvier 2026) - Décolonisons, le journal

La Conférence internationale sur les crimes coloniaux, organisée à Alger les 30 novembre et 1er décembre à l’initiative de l’Union africaine (UA), marque une étape décisive pour passer du seul discours mémoriel à une démarche politique et juridique destinée à considérer le colonialisme, l’esclavage, la ségrégation raciale, l’apartheid comme crimes contre l’humanité, puis à réclamer reconnaissance et réparation. Une quarantaine de pays y ont participé, entendant adresser aux ex-puissances coloniales trois revendications majeures : la reconnaissance officielle des crimes coloniaux ; la criminalisation internationale du colonialisme ; les réparations et la restitution des biens pillés.
Écoutons Ahmed Atta, ministre des Affaires étrangères algérien, à l’ouverture des travaux : «  Il est temps à présent de criminaliser le colonialisme lui-même, au lieu de se contenter de criminaliser certaines de ses pratiques et de son héritage. […] La réparation n’est ni une charité ni une faveur, mais un droit légitime garanti par l’ensemble des lois et conventions internationales ». Évoquant Gaza et le Sahara-occidental, il a appelé à «  l’impératif de parachever la décolonisation » dans toutes ses dimensions et manifestations.
À l’issue de la conférence a été adoptée une « déclaration d’Alger » qui émet un certain nombre de recommandations, comme la mise en place de «  commissions nationales de vérité et réparations » ou l’établissement d’une « évaluation continentale de l’impact écologique et climatique du colonialisme ». Un texte qui doit être soumis au sommet de l’UA en février.

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