
Le 24 décembre, les députés algériens ont voté à l’unanimité une loi criminalisant la colonisation française de 1830 à 1962 et exigeant de la France des excuses officielles et des réparations, y inclus pour les essais nucléaires français dans le Sahara algérien. « Une initiative manifestement hostile, à la fois à la volonté de reprise du dialogue franco-algérien, et à un travail serein sur les enjeux mémoriels », a aussitôt réagi le ministre français des Affaires étrangères (France Info, 24/12). Pourtant, , le 15 février 2017 à Alger, Emmanuel Macron lui-même n’avait-il pas qualifié la colonisation de crime contre l’humanité (avant de se dédire plus tard, il est vrai) ? Déclaration plus en rapport avec la réalité des faits (lire par exemple le récent Oradours coloniaux français d’Olivier Le Cour Grandmaison, paru chez Les liens qui libèrent), comme le souligne Zakaria Belkhir, député du Mouvement de la société pour la paix (parti islamiste conservateur), coordinateur du projet de loi : « La seule initiative hostile, c’est l’agression française contre l’Algérie et les crimes commis pendant cent trente-deux ans » (Mediapart, 28/12).
Ce vote intervient moins d’un mois après la réunion à Alger même d’une conférence internationale sur les crimes du colonialisme, dont la déclaration finale doit être soumise au vote lors du sommet de l’Union africaine mi-février 2026 (Décolonisons n°354, 01/2026). De quoi promouvoir une exigence de justice réparatrice de plus en plus partagée sur le continent africain, notamment parmi la jeunesse.