Survie

Voeux françafricains

(mis en ligne le 26 février 2026) - Décolonisons, le journal

Lors de la traditionnelle Conférence des ambassadeurs qui s’est tenue à l’Élysée le 8 janvier, Emmanuel Macron a livré les grandes lignes de sa politique étrangère. 47 minutes de « propos bavards et décousus » (dixitMondafrique, 12/01) au cours desquelles le président de la République a ressorti une fois encore son couplet sur « un partenariat d’égal à égal » avec les anciennes colonies et s’est vanté d’avoir « complètement réinventé la relation diplomatique », une manière de taire les échecs de sa politique africaine. Des formules creuses dont il est coutumier, accompagnées tout de même de quelques aveux sur la continuité de la Françafrique. Côté militaire par exemple, lorsqu’il a indiqué que la fermeture de nombreuses bases n’avait rien d’« un abandon » : « On a rebâti un partenariat militaire qui est pertinent et qui a montré sa force et sa pertinence au Bénin et qu’on est en train de construire avec plusieurs autres pays. » Le partenariat au Bénin prenant en réalité la forme d’une ingérence militaire caractérisée pour sauver un président « ami » (relire notre édito de janvier)…
Emmanuel Macron a aussi vanté « la solidité de l’amitié avec l’Égypte » – une dictature choyée en effet par Paris, comme l’ont prouvé les « Egypt Papers » – ou encore la « remontada formidable de notre diplomatie avec le Maroc  » – au mépris du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui (lire page 11).
Ciblant notamment Donald Trump et les États-Unis, le président a dit, sans rire, refuser «  le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme  ». Les anciens – ceux portés par la France notamment – semblent en effet mieux lui convenir.

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