
Président en place depuis 2011, grâce à l’intervention armée de la France, Alassane Ouattara a été réélu fin 2025 pour la cinquième fois à la tête du pays. Mais le voilà atteint par la révélation de la correspondance de Jeffrey Epstein (Le Monde, 13/02). On y apprend en effet qu’une certaine Nina Keïta, fille d’une sœur d’Alassane Ouattara, a commencé comme mannequin à Paris, en 1999, dans l’agence Karin Mode de Jean-Luc Brunel. Celui-ci était le correspondant et fournisseur d’Epstein en France, arrêté et incarcéré à la prison de la Santé en 2020 pour viol sur mineures, et finalement trouvé mort dans sa cellule en 2022.
Au début des années 2000, Nina Keïta rejoint Epstein aux États-Unis, dont elle devient l’amie et la pourvoyeuse de jeunes filles. Après l’arrivée de son oncle au pouvoir, elle rentre en Côte d’Ivoire pour occuper des postes dans l’appareil de l’État, et enfin devenir directrice générale des stocks pétroliers de Côte d’Ivoire. Pendant toutes ces années, Nina Keïta échange amicalement avec Epstein. Elle organise en 2012 son voyage en Côte d’Ivoire… sans oublier les à-côtés. Epstein dit « espérer voir de très jolies filles là-bas ». « Ce sera le cas ! », répond-elle. Elle lui présente Alassane Ouattara et d’autres personnalités politiques. Des contrats sont signés – pour l’achat de systèmes de surveillance à Israël, pour un avion présidentiel…
Un exemple notable de l’influence considérable du pédocriminel Jeffrey Epstein, qui jette aussi une lumière crue sur le pouvoir ivoirien : népotisme, corruption, impunité.