Survie

Mort d’un jeune déporté kanak

(mis en ligne le 27 mars 2026) - Décolonisons, le journal

Le 6 février, Frédéric Grochain, 31 ans, a été retrouvé mort seul dans sa cellule du centre pénitentiaire de Varennes-le-Grand (Saône-et-Loire). Un décès qui intervient après plus d’un an et demi d’un isolement extrême pour ce jeune kanak, originaire de Ponérihouen en Nouvelle-Calédonie, qui faisait partie des dizaines de détenus déportés en « métropole » à la suite des révoltes du 13 mai 2024 (Billets d’Afrique n°346, 04/2025). Selon les chiffres du collectif Solidarité Kanaky (dont Survie fait partie), de juin 2024 à avril 2025, 69 détenus ont été transférés contre leur gré du Camp Est, la sinistre prison de Nouméa, vers différents établissements de l’Hexagone. Des déportations dont le nombre a baissé, mais qui n’ont pas cessé depuis : Solidarité Kanaky suit aujourd’hui quelque 90 prisonniers ainsi déplacés de force.

Selon les premiers éléments de l’enquête en cours, Frédéric Grochain était atteint de tuberculose. « Je n’arrive pas à comprendre comment on peut laisser quelqu’un agoniser dans une cellule jusqu’à son dernier souffle sans que personne ne réagisse », s’indigne son frère (Mediapart, 21/02/2026). L’administration pénitentiaire et le ministère de la Santé (dont dépend la prise en charge sanitaire des personnes détenues) se renvoient piteusement la responsabilité de ce drame.

Dans un communiqué signé de son président (13/02), le FLNKS a salué la mémoire du jeune homme, soulignant qu’il est « une victime directe du système judiciaire et carcéral colonial, qui s’est durci de manière inédite depuis les événements de 2024 ».

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