
Au Congo-Brazzaville, après 40 années cumulées de pouvoir, Denis Sassou Nguesso, 82 ans, sera pour ainsi dire l’unique candidat à sa succession lors des élections présidentielles du 15 mars 2026. Une candidature officialisée sans surprise le 5 février par celui qui, au fil des ans, s’est donné tous les pouvoirs : « Il contrôle les moyens d’État, entendu par là toute l’administration, les finances publiques, les médias publics. Il a coutume d’instrumentaliser les forces de sécurité et il a la mainmise sur les institutions électorales et judiciaires », indique Trésor Nzila, directeur du Centre d’action pour le développement (RFI, 19/01).
De fait, les élections se tiendront sous bonne surveillance. Cinq ONG congolaises ont récemment dénoncé les propos de Serge Oboa, directeur général de la sécurité présidentielle, qui a prévenu que tout manifestant dans la rue serait « puni sans état d’âme » (RFI, 16/01). Le régime de Sassou est régulièrement accusé de semer la terreur auprès des populations et de ses opposants, n’hésitant pas à emprisonner, torturer, exécuter…
Sassou n’en reste pas moins soutenu par la France « dans le pur style françafricain » et a même été reçu en mai 2025 par Macron comme un ami de la France, alors qu’il était soupçonné d’avoir fait enlever son opposant Lassy Mbouity à peine quelques jours auparavant (Billets d’Afrique n°349, été 2025). Fort de ce soutien, Sassou devrait pouvoir être « réélu » au premier tour comme d’habitude et ainsi réaffirmer son slogan de campagne de 2021 : « Un coup KO » !