
Le Trésor français a fait parvenir en février aux autorités sénégalaises une lettre exigeant le règlement de plusieurs impayés, notamment envers l’Agence française de développement (AFD), pour un montant compris entre 20 et 30 millions d’euros. Une démarche qui s’inscrit dans le bras de fer engagé entre le Sénégal d’une part, la France et le Fonds monétaire international (FMI) d’autre part, à propos de la dette de l’État sénégalais. Depuis la révélation de l’ampleur de cette dernière, maquillée par l’ancien gouvernement de Macky Sall, le pays fait en effet face à quelques doutes quant à sa solvabilité.
La France cherche en sous-main à obliger le Sénégal à accepter le plan de restructuration de sa dette que propose le FMI, mais dont le gouvernement du Pastef, porté au pouvoir sur des promesses anti-impérialistes, ne veut pas. Un FMI qui s’inquiète notamment des choix de l’État sénégalais d’orienter sa dette vers des bailleurs non occidentaux et du risque que le Sénégal « brade ses ressources » (Africa intelligence, 19/02). Ironique, quand on se souvient que le Sénégal a été un terrain de jeu particulièrement propice pour l’implantation d’entreprises françaises, le détournement de l’aide au développement et le pillage des ressources ! Dakar semble pourtant bien décidé à payer sa dette, même s’il l’estime illégitime (Afrique XXI, 23/12/2025), quitte à mettre en place une austérité qui ne dit pas son nom et dont la population est, comme toujours, la principale victime.