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Censure universitaire en Polynésie française

(mis en ligne le 21 avril 2026) - Décolonisons, le journal

Du 9 au 11 mars s’est tenu à l’Université de la Polynésie française (UPF), à Papeete, un colloque sur les questions de souveraineté dans le Pacifique. Un rendez-vous universitaire somme toute assez classique, mais qui s’est déroulé à huis clos – ni public, ni média (Radio 1, 10/03). Plusieurs des intervenant·e·s, qui ont appris la nouvelle à peine quelques jours auparavant, pointent derrière cette mesure inhabituelle une « demande de l’État français ». Dans une déclaration préliminaire, celleux-ci ont dénoncé une « restriction sérieuse des libertés académiques », en précisant : « Aucune motivation explicite ne nous a été communiquée, même si beaucoup parmi nous en devinent les raisons ».

De fait, dans une Polynésie considérée par l’Onu comme un territoire à décoloniser, débattre de « souveraineté » n’a rien d’anodin. Particulièrement lorsque la liste des personnes invitées à s’exprimer compte plusieurs universitaires engagé·e·s auprès des Kanak dans leur lutte d’indépendance (Mathias Chauchat, Isabelle Merle, Benoît Trépied et d’autres), et même des chercheurs ou responsables kanak ouvertement indépendantistes (Anthony Tutugoro, Johanito Wamytan).

L’affaire n’est pas isolée : une conférence qui devait avoir lieu le 26 février à Sciences Po Paris sur la situation en Kanaky-Nouvelle-Calédonie s’est vue également imposer le huis-clos – elle s’est finalement tenue à Montreuil. Des cas de censure à peine masquée, qui rappellent ce qui s’est passé dans plusieurs établissements d’enseignement autour de la question palestinienne depuis le début du génocide à Gaza.

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