
126,8 millions de dollars : c’est l’amende record infligée à TotalEnergies par la Commission indépendante de lutte contre la corruption et autres infractions connexes (ICPC) du Nigeria. Selon Africa Intelligence (24/02), qui a révélé l’affaire, la multinationale a dépassé le quota de travailleurs étrangers qu’impose une loi promulguée en 2010. Celle-ci oblige les compagnies pétro-gazières à intégrer dans leurs processus de production des entreprises et de la main-d’œuvre locales (de 30 % à 100 % selon les métiers). D’après les enquêteurs de l’ICPC, Total n’a pas respecté le « délai maximal présumé pour la nigérianisation des postes » et a « facturé illégalement aux contrats de coentreprise et de partage des bénéfices le coût du quota d’expatriés non approuvés ». Ce que la multinationale conteste, refusant de régler l’amende et saisissant la justice nigériane pour mettre fin à l’enquête de la commission anti-corruption.
Dans une autre affaire judiciaire en cours au Nigeria, Total refuse aussi de payer les 285,2 millions de dollars que la justice arbitrale l’a condamnée à verser en novembre, pour s’être octroyé du pétrole censé revenir à la compagnie pétrolière nationale nigériane, la NNPC, avec laquelle elle avait passé un accord de production partagée en juin 2000 (Africa Intelligence, 18/12/2025). Malgré ces condamnations qui s’enchaînent, Total, principal investisseur privé du pays dans le secteur énergétique, semble vouloir continuer à surexploiter en toute impunité.