
Les 12 et 13 mars, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot était en voyage diplomatique en République centrafricaine (RCA). C’est la première visite d’un officiel français dans le pays depuis celle de Jean Yves Le Drian fin 2018… il y a plus de sept ans ! Le rapprochement entre la RCA et la Russie, notamment autour des questions de sécurité jusqu’alors réservées à la France, avait contribué à réduire drastiquement les relations entre Paris et Bangui (Billets d’Afrique n°309, 07/2021), avec suspension de la coopération militaire et de nombreuses aides budgétaires.
La France cherche donc à retisser le lien avec cet État longtemps emblématique de la Françafrique, la présence sur place de troupes paramilitaires russes ne semblant plus représenter une ligne rouge. Emmanuel Macron a déjà reçu deux fois à l’Élysée, en 2023 et 2024, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra. La feuille de route mise en place à cette occasion semble bien suivie, puisque Jean Noël Barrot s’est félicité devant la presse de « la restauration complète des relations » entre les deux pays « dans un esprit gagnant-gagnant ».
Derrière ces habituelles formules toute faites, nul doute que la France cherche comme toujours d’abord à promouvoir ses intérêts propres, en commençant par ne pas laisser le champ libre à la Russie, mais aussi aux Émirats arabes unis, dont la Centrafrique s’est rapprochée récemment. Avec un œil sur les riches sous-sols du pays ?