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« Généreuse » aide au développement

(mis en ligne le 25 mai 2026) - Décolonisons, le journal

À l’occasion d’un changement de direction à l’Agence française de développement (AFD), où Rémy Rioux doit céder sa place à Christophe Lecourtier, jusqu’ici ambassadeur au Maroc, un collectif s’émeut dans une tribune parue sur le site du Monde le 16 mars, des critiques et baisses récentes de l’Aide publique au développement (APD). Avec un argumentaire qui a le mérite de la clarté : « L’aide au développement n’est pas une question de générosité », rappelle le texte signé notamment par un ancien directeur général de la Banque mondiale et plusieurs députés de droite, mais « un instrument central de l’influence française » et de « soutien à nos entreprises ».

De fait, la « générosité » apparaît plus que jamais lointaine si l’on regarde comment se redessine l’APD après la baisse en 2025 d’un tiers de son enveloppe allouée par l’État (une baisse qui doit se poursuivre en 2026), même si l’AFD l’a compensée par des cofinancements divers (Jeune Afrique, 11/03/2026). Les dons sont ainsi passés l’an dernier à 10 % de son activité (contre 20 % en 2023), les 90 % restants étant des prêts. Les pays surendettés sont délaissés au profit des économies solides (Maroc, Égypte, Kenya…). L’AFD a également réduit son activité dans les domaines de la santé et de la protection sociale (- 24 %), de la formation professionnelle et de l’éducation (- 49 %) alors que l’allocation augmente pour l’énergie (+ 29 %), la gouvernance et la gestion des migrations (+ 75 %). Lecourtier, ancien conseiller de Sarkozy et Lagarde, ne devrait pas infléchir cette tendance.

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