
Présenté lors de sa signature, le 9 mai 2025, comme « [ambitionnant] de fournir aux agriculteurs, et particulièrement en Afrique des engrais verts », l’accord entre l’Agence française de développement (AFD), instrument de l’État français, et l’Office chérifien des phosphates (OCP), détenu à 95 % par l’État marocain, s’avère en fait extrêmement nocif pour l’agriculture et les humains (Vert, 8/04 & Mediapart, 21/04).
L’AFD se vante d’avoir accordé « le plus grand prêt non souverain de son histoire » (350 M€) pour aider l’OCP à inonder l’Afrique d’engrais phosphatés… bourrés de cadmium – un métal lourd considéré par le Centre international de recherche sur le cancer comme cancérogène, mutagène, reprotoxique. Par sa présence dans les aliments, de larges pans de la population y sont exposés. En France, première consommatrice européenne d’engrais phosphatés (dont beaucoup en provenance du Maroc), l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail alertait en février sur la « forte imprégnation par le cadmium de la population française ». La catastrophe sanitaire s’annonce bien pire en Afrique où les seuils réglementaires de cadmium dans les engrais sont nettement plus élevés qu’en Europe. Une situation dont l’AFD, pourtant bien informée, n’a cure. L’environnement comme la vie des populations comptent fort peu face aux intérêts économiques et diplomatiques de la France dont la relation avec le Maroc a été élevée, depuis la visite de Macron en octobre 2024, au rang de « partenariat d’exception renforcé ».