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Le Togo, nouveau passage vers le Sahel ?

(mis en ligne le 18 juin 2026) - Jean Boucher

Le pays dirigé par Gnassingbé reste un allié de poids pour Paris, et pourrait même lui permettre de reconquérir le terrain perdu en Afrique de l’Ouest.

Si la tenue du sommet Afrique-France à Nairobi témoigne d’une volonté de longue date de l’impérialisme français d’étendre son influence hors de son pré carré africain, la visite officielle du ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot au Togo, les 23 et 24 avril derniers, nous rappelle sa volonté de regagner le terrain perdu en Afrique de l’Ouest francophone.

La France a maintenu, notamment grâce à son soutien à la dynastie Gnassingbé au pouvoir depuis 1967 (le père, Eyadéma, puis à partir de 2005 le fils, Faure), un fort ancrage dans son ancienne colonie togolaise. Barrot a tenu à rappeler ces « liens extrêmement denses » entre les deux pays, assurant même que Macron et Gnassingbé sont « en contact régulier » (entretien avec l’AFP, 27/04). Des liens que la France tient néanmoins aujourd’hui à renforcer.

Non seulement le Togo a noué récemment des relations avec Moscou (dont un partenariat de défense permettant aux navires russes d’utiliser le port de Lomé) qui ne manquent pas d’inquiéter les puissances occidentales, mais le pays joue également désormais un rôle diplomatique qui intéresse au plus haut point Paris. Barrot a ainsi tenu à saluer « Faure Gnassingbé [qui] mène une médiation très importante dans la région des Grands Lacs, en RDC » (où Macron aspire à jouer un rôle), « de même que dans la situation du Sahel qui nous préoccupe et où le rôle du Togo est là encore très important » (RFI, 24/04.)

Lomé, qui a conservé des relations avec le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ambitionne en effet de « servir de pont entre le Sahel et l’ensemble de la communauté internationale », selon le ministre togolais des Affaires étrangères (RFI, 22/04). Barrot a ainsi fait savoir que la France avait participé à la réunion internationale organisée par Gnassingbé le 18 avril pour présenter sa stratégie Sahel – réunion où étaient présents aussi les ministres des Affaires étrangères des pays sahéliens cités – « parce que la détérioration de la situation sur le plan sécuritaire au Sahel, la poussée du terrorisme, sont une préoccupation que nous avons en commun avec les pays de la région » (AFP, 27/04.) De quoi préparer un éventuel retour de la France dans la zone ?

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