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Brève de sommet : Barrot en mode SAV

(mis en ligne le 1er juillet 2026) - Décolonisons, le journal

Si l’on en croit Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, tout va bien dans les relations franco-africaines. L’entretien accordé au Monde (12/05) à la suite du sommet « Africa Forward », réussit un double exploit : présenter sous un jour favorable des relations dégradées tout en éludant les questions posées.

Le choix d’un pays anglophone, imposé faute de pouvoir organiser ce sommet en Afrique francophone ? Non, répond-il, puisque de nombreux pays francophones étaient présents ! La répression des manifestations de jeunes Kényan·e·s contre la vie chère et la corruption en 2024 et 2025, qui a fait près de 150 mort·e·s, ne le préoccupe-t-elle pas ? Réponse : « Le Kenya a une jeunesse qui aspire, comme toutes les jeunesses, à vivre mieux. Les manifestants demandaient des opportunités économiques et c’est ce sur quoi ce sommet a mis l’accent […]. Le président William Ruto partage ce constat. » Il reste ainsi fidèle à la position officielle française, qui s’est abstenue de condamner une répression marquée par des violences policières, des enlèvements et des disparitions. La France ne figurait d’ailleurs pas parmi les signataires de la déclaration commune de plusieurs ambassades occidentales, publiée le 26 juin 2024 à Nairobi, rappelant le droit constitutionnel de manifester. Et lorsqu’on demande à Barrot si la France s’exprime encore sur les droits humains, il répond en évoquant un nébuleux « soutien » de « notre diplomatie » et des liens avec les sociétés civiles africaines et les diasporas. Et de conclure : « La relation entre la France et le continent africain n’a aucun équivalent », Tant mieux, a-t-on envie de dire !

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