
Arrêté en Allemagne, le Libyen Khaled Mohamed Ali El Hishri comparaissait en audience de confirmation des charges du 19 au 21 mai 2026 devant les juges de la Cour pénale internationale (CPI). La chambre préliminaire doit désormais décider si le suspect sera renvoyé devant la chambre de première instance pour y être jugé.
Responsable de la milice Al-Radaa, alliée des autorités de Tripoli, et commandant de la prison de Mitiga, El Hishri est accusé d’avoir commis ou supervisé pendant plusieurs années des crimes contre l’humanité à l’encontre des Libyen·ne·s arbitrairement emprisonné·e·s, comme à l’égard des étranger·e·s. Les témoignages sont venus rappeler le climat de terreur qui règne dans les prisons et les centres de rétention officiels ou officieux en Libye. Un récent rapport de l’Onu, intitulé « Business as usual » (17/02), documente lui aussi à nouveau que « les migrants, les réfugiés et les demandeurs d’asile […] sont régulièrement victimes de violations et d’abus horribles, notamment l’esclavage, la torture, les mauvais traitements, le travail forcé, la prostitution forcée et d’autres formes de violence sexuelle, la rançon, l’extorsion, ainsi que la confiscation et la revente de leurs biens et documents d’identification. » En 2017, un reportage de CNN avait déjà provoqué un émoi planétaire. Depuis, rien n’a changé, mais plus personne ne s’en indigne.
Il faut espérer que le procès aura lieu et qu’il permettra également de mettre sur la table la complicité de l’agence Frontex, dont l’essentiel de l’activité consiste à renvoyer les migrant·e·s dans les bras de leurs tortionnaires, et des États européens qui soutiennent ces derniers financièrement.