
Le 7 juin, des associations d’extrême droite et pro-Algérie française organisaient au Touvet (Isère) une cérémonie d’hommage à Claude Piegts pour l’anniversaire de sa mort. Ce militant de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) a en effet été exécuté le 7 juin 1962. Ont aussi été honorés ce jour-là trois autres membres de l’organisation terroriste, également fusillés et condamnés pour des attentats et assassinats. Claude Piegts et Albert Dovecar, membres des commandos Delta de l’OAS sous les ordres de Roger Degueldre, ont notamment participé à l’assassinat de Robert Gavoury, commissaire central d’Alger, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1961. Jean Bastien-Thiry, lui, fut l’organisateur de l’attentat du Petit-Clamart, qui faillit coûter la vie au général de Gaulle le 22 août 1962.
Cet hommage est depuis des décennies un rendez-vous annuel de la Fédération nationale des rapatriés, une association de pieds-noirs vieillissants, mais l’extrême droite locale s’en empare de plus en plus. Plusieurs organisations (dont le Réseau de Lutte contre le Fascisme en Isère et Survie Isère) se sont mobilisées à l’appel du Collectif 17 octobre 1961, contre ce rassemblement, saisissant la préfète de l’Isère pour demander l’interdiction de la manifestation. Le collectif 17 octobre 1961 dénonçait notamment une « falsification de l’histoire, une glorification de personnes criminelles ». Sans succès. S’est donc tenu le jour J, de l’autre côté du cimetière du Touvet, un contre-rassemblement qui a rassemblé une centaine de personnes. L’histoire de la guerre d’Algérie s’inscrit aujourd’hui encore dans une bataille mémorielle face à une extrême droite qui tente de glorifier les crimes commis pour maintenir à tout prix l’ordre colonial.